LE PORC
Si le Porc eût voulu continuer de prêter à l’homme le concours de son odorat pour le signalement de la truffe ; s’il eût accepté sérieusement les fonctions d’arrête-lièvre ou de traine-haquet qu’on lui a quelquefois offertes, j’aurais pu me décider à le colloquer dans la catégorie des auxiliaires; mais il est évident que dès le moment qu’il s’est laissé sottement enlever par le Chien sa fonction spéciale, et qu’il n’en a pas acquis d’autre en place, il a perdu tout droit de figurer dans cette classe honorable.
On me dira qu’on s’en est servi dans le temps pour la chasse à Saint- Domingue et ailleurs, en lui faisant jouer le rôle d’appelant, comme au Canard, son homologue passionnel. Je ne nie pas le fait, mais le fait d’appeler son semblable ne constitue pas l’auxiliarité.Il y a d’ailleurs une autre raison, une raison d’ordre supérieur, une raison d’analogie, qui me contraint de refuser au Porc le titre d’auxiliaire : le Porc est l’emblème de l’avare, et l’avare n’est bon qu’après sa mort. Par conséquent, il n’était pas dans les dons du Porc d’être utile à l’homme pendant sa vie.
Pour ces causes, je me suis borné à placér le nom du Porc en tête de ce chapitre des animaux simplement domestiques et privés. Et attendu que l’histoire du porc privé est la même que celle du porc sauvage (Sanglier), e^ que j’ai donné à celle-ci d’immenses développements dans la suite de ce vo lume, au chapitre des bêtes d’agrément, j’y renvoie dès à présent les curieux des gestes et propos de l’animal immonde.
LE BOUC. - LA CHÈVRE
S’il existait quelque part un véritable service de chèvres de poste organisé nar tout un monde d’enfants sur le modèle de celui qui fonctionne aux
Et puis la chasse du lapin.
Champs-Elysées, je n’hésiterais pas non plus à mettre la Chèvre au rang des bêtes auxiliaires; mais j estime que les tentatives de ralliement opérées jusqu’ici ne constituent pas moins la conquête de l’espèce et qu’il n’y a pas grand oubli à ne pas s’en occuper pour l’heure. •
Le Bouc, type effacé du Bouquetin des Pyrénées et des Alpes, n’a jamais joui dune grande réputation de sainteté dans la légende biblique, pas plus que dans la mythologie grecque, et je ne prends pas sur moi d’affirmer qu’il Taille beaucoup mieux que sa réputation. Il est très-certain que le Bouc prête le flanc à la médisance par ses mœurs dissolues, et que l’odeur qu’il exhale ne symbolise pas un modèle de pureté.
G est 1 emblème du sensualisme brutal; les religions grecque, juive et chré-