‹ L'esprit des bs (volume 2)Chapitre 2 sur 19 · I ERRATUM · texte numérisé non relu

I ERRATUM

jonction imprévue à la complaisance abusive avec laquelle l'auteur se serait livré, au début de ce volume,, à la démonstration de la supériorité de sa méthode de classification ornithologique , démonstration complètement superflue et que personne ne lui demandait, au contraire. Peut-être les moins bienveillants, les plusenclins à l'épigramme, essaieront- ils de prouver à leur tour qu'il y avait à économiser sur ce chapitre seul de ([uoi faire une large place à tous les Rapaces de la terre... L'auteur n'entend contester aucunement ni la justesse de la censure ni la sagesse de f économie demandée. Il a seulement à objecter, en manière d'excuse, à tous les reproches de la critique.... qu'en ce temps là il s'était laissé enivrer par les vaines fumées de la gloire; que la noble ambition de gagner le grand prix d'histoire naturelle, fondé par Georges Cuvier, l'avait mordu au cœur (un prix de cinq mille francs qui représentait pour lui, outre la gloire, la possession d'un nombre illimité d'hectares sur lés rives parfumées du Rio-Trinity ou du Rio-Brazos) et que, dans l'honorable but de conquérir l'estime des savants et de se rendre ses juges favorables, il avait dû naturellement insister sur la partie la plus scientifique de son œuvre, etc., etc. Il prie de considérer encore que chacun ici-bas cherche à gagner son prix comme il peut et non comme il veut, et que tout le monde n'a pas les moyens de concourir pour celui de Sagesse, ainsi que ce bon jeune homme de l'Ecole normale dont le nom appar^ tient à la troisième déclinaison et fait au génitif Carnis. Après cela, que celui qui n'a jamais rêvé de gagner un grand prix à fhistitut, ou un quaternc à la loterie, lui jet le la première pierre.

KRHATIM. vu

■Qiïant aux erreurs matérielles concernant le classement (les espèces. Fauteur n'a jamais eu la sotte prétention de les avoir évitées toutes. 11 afïirme seulement, avec sa réserve habituelle, qu'on en trouvera chez lui beaucoup moins que partout ailleurs, dix fois moins par exemple que dans le Manuel de Temmynck, qui fait loi aujourd'hui en matière ornithologique. Il n'oserait pas jurer qu'il a suivi rigoureusement et de tout point, dans la distribution de ses séries, l'ordre établi par Dieu, et (|ue son travail est un daguern'otype exact des plans du Créateur ; mais il aime néanmoins à se rendre cette justice qu'il a serré cet idéal de plus près que tous ses concurrents, et que s'il a erré par hasard, ce n'est pas par orgueil et parce qu'il n'a pas voulu voir, mais bien parce qu'il n'a pas vu.

Puis, s'il a erré, il sait où, et même il ne craint pas de renseigner à cet égard la critique vétilleuse. Peutêtre, par exemple, a-t-il eu tort de placer d'autorité le Jaseur parmi les Granivores purs, pour faire pièce à Temmynck qui colloque cette espèce parmi les Omnivores, entre les Corbeaux et les Geais. Mais où serait te mal, si en osant ainsi, il avait relevé un défaut de la science? L'analogie est,' de sa nature, oseuse, et il gc faut pas la reprendre de ses légers écarts avec trop de sévérité. Si la poésie a l'air d'être morte à l'époque où nous sommes , c'est qu'elle n'ose pas oser, et qu'elle attend probablement que l'analogie la réveille.

D'autres encore pourront dire qu'à la place de l'auteur ils auraient fait marcher la Grive à la suite du Bec-figues, ou bien le Troglodyte après le Traine-buisson, etc. L'auteur répond d'avance à toutes ces critiques de détail qu'il ne demande pas mieux que de voir

VIII t:HHA.TLM.

ceux qui sont plus forts que lui prendre ù faire, et il répète pour la dernière fois qu'il n'a jamais prétendu que sa classification ornlthologique fût parfaite ; il estime qu'elle vaut mieux que toutes les autres, étant, par ube exception bizarre, la seule qui commence par le commencement et finisse par la fin... voilà tout.

LE m\m DES OISEAUX.

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