JOURNAL ENT | PE
de the est trop mince pour faire un
bon roman ; il y avait là matière à un pro-
verbe, et en de plus ; mais comme le livre se lit aisément, vivement, comme on s’intéresse à ces gens à peine vus, peints négligemment, quel don inné de conteur! Cependant, c’est une George Sand vieilhssante qui
Pa écrit. Flavie est une œuvre de critique.
Flavie, c’est Indiana, c’est Edmée, c’est Lélia vues en dérision. L’égocentrisme de Flavie est celui que l’on a tant reproché à tous les héros du romantisme français. George Sand était trop fine elle-même pour ne pas voir les défauts de ses créations. Mais elle a réussi Indiana, Mauprat, Lélha, et elle a manqué Flavie. Le romanesque n’est possible que s’il est conçu avec enthousiasme comme dans les Maîtres sonneurs ou dans le Grand Meaulnes. On connaît la déplorable postérité de Flavie, tant de médiocres romans où des êtres Jeunes sont raillés avec
une fausse malice de leur exaltation et où
ils finissent par faire de sots mariages. L’art de George Sand a décliné le jour où, avec l’âge, son bon sens l’a emporté sur sa frénésie poétique et passionnelle ; la haute rai< son qui ordonne et organise n’a rien à voir avec l’humble sagesse moyenne. Oublions Flavie et souvenons-nous des torrents impétueux du début et des pures églogues de la
maturité.