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proche. Il a surtout le bonheur incomparable d’être un des plus grands écrivains du dixneuvième siècle, un de ceux qui sont le plus sûrs de la survie. Mais s’il a obtenu quelquesunes des choses les plus recherchées 1c1-bas, il en est une qu'il n’a pu acquérir : c’est de se reposer un Jour dans la sérénité de la
croyance.
C’est peut-être la condition même de son génie que d’être perpétuellement inquiet, et ce qu’il a de meilleur vient justement de ce qu'il n’a trouvé n1 repos, ni sérénité. On s’est demandé souvent ce qu'il y a d’extraordi- naire dans le style de Loti pour que l’arransement banal de trois phases vous trouble à ce point; dans les phrases mêmes, rien en effet; mais derrière la simplicité des mots choisis, 1l y a l’âme même de l’écrivain, âme transparente et cependant voilée, il y a l’intensité, l’effusion, le déchirement continuel des sentiments de Loti, une telle ivresse de | désir, de nostalgie et de douleur que sitôt un de ses livres ouvert, nous en sommes éperdus et grisés. Mais l’être qui possède une telle sensibilité, qui a besoin pour se sentir vivre d’une vibration aussi incessante, où trouverat-il la paix intérieure? À mesure que l’on parcourt le monde, on se déprend de plus en plus . du spectacle bariolé, varié, curieux de la
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De PASCAL A BARRBS ne
dau, des hommes, des civilisations. Ce que . 3
l’on cherche da ntage c’est une certitude.
Tant d'êtres qui ont vécu et qui sont morts, qui ont cru, qui ont édifié pour enfermer leurs convictions des monuments presque immortels, sur quelles presciences, sur quelles affir-
mations avaient-ils construit leur existence?
Un jour vient où, lassé de tout, fatigué de
tant d'émotions, on ne voyage plus que dans
le but de chercher la vérité. Peut-être n’est-1l
point nécessaire d’aller s1 loin pour cela.
Une simple chambre a suffi à Pascal. Mais il ne faut rien moins que le monde entier à un Chateaubriand et à un Loti.
La certitude de cet infini, la possibilité
d’une chose éternellement permanente, Loti |
l’a demandée aux sanctuaires de la Terre-
Sainte, aux sages modernes de l’Inde, si |
proches encore des contemporains du Bouddha. Les uns lui ont offert la pitié, les autres le détachement, ce détachement indou si pro-
fond, si total que notre âme occidentale ne le
peut concevoir et que la contemplation de
nos mystiques semble de l’égoïsme en comparaison, tant y subsiste encore le sentiment
de la personnalité.
Mais cette foi que quêtait Loti, le désir u de se perdre en Dieu, de ne pas mourir tout entier, de revoir, un jour, quelque part, tous . les êtres qu 1 a os ce désir si intense chez certaines âmes, que {out ne soit pas Pain dans
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