‹ L'esprit des livres 1923Chapitre 25 sur 43 · FRANÇOIS DE CUREL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE CUREL

touchante unanimité vers une lumière pas-

sionnément voulue. Sous quel soleil s’épa-

nouiront nos intelligences lorsqu'elles arri-

veront au jour? Il faut qu'il y ait un soleil ! » :

Comme toutes les belles choses, comme ce qui est destiné à durer, les œuvres de M. Francois de Curel se sont tendues désespérément, tendues à se rompre vers la lumière. Tous les êtres créés par lui sont à la limite de l’effort, à la façon de ces tiges de nénuphar, mais ils savent que leur noblesse, leur dignité consiste dans cet effort et, quoique vaincus, 1ls nous enseignent que, dans un monde aussi plat, 1l vaut mieux avoir le courage d’être orand, même sans bonheur, même sl faut consentir au renoncement, plutôt que d’accepter le sort commun et de se résigner au médiocre.

Re

Une petite préface que René Boylesve a mise en titre de son nouveau roman, nous en rend le dessein plus clair. La voici :

« La psychologie consiste-t-elle uniquement à fournir la solution définitive des problèmes? Ou bien ne demeure-t-elle pas dans

son rôle quand, faute de pouvoir mieux faire,

elle se borne à les poser?

« Nous mettons une véritable furia francese à vouloir tout tirer au clair. C’est l’ardeur la plus louable, mais lorsqu'il se trouve qu’une question est plus trouble encore, n’appartient-1l pas précisément au roman — genre hbre, s’il en fut, — de signaler le cas où nous

ne voyons pas très clair.

« [1 me semble, quant à moi, que le do-

maine de l’amour, qui est pourtant le plus

exploré, est celui qui plonge chaque jour

dans la stupeur les esprits les plus avertis.»

Nous voici donc mis en confiance : nous

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