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le plaisir de retrouver ici cette délicieuse
Mme de Pons qui a répandu son charme sur les pages admirables de Mon amour.
Il y a des auteurs dont on se dit en lisant
pour la première fois chacun de leurs livres :
« Comme j'aurais plaisir, plus tard, à le relire !» René Boylesve est un de ces auteurs.
Il semble qu’une destinée particulièrement cruelle s’acharne sur les lettres françaises ; nous perdons l’un après l’autre nos maîtres, nos guides, nos grands amis, ceux que nous avions accoutumé d'admirer, d’aimer dès notre adolescence et dont la présence nous était nécessaire. Après Paul Adam et Barrès, après Loti et Anatole France, après Marcel Proust et Bourges, après Pierre Louys, voici que René Bovylesve nous quitte à son tour, Il y a des destinées qui se terminent et 1l y en a qui s’interrompent. :
Hélas! celle de René Boylesve s’interrompt, et de la façon la plus tragique. Il était si jeune encore |! Et non seulement d'apparence, mais d'esprit, de goût, de tendances. Peu d’écri-
. vains de notre temps auront été plus vivants, auront mieux échappé à ce mécanisme si dangereux qui guette nos contemporains, condamnés à une trop constante produc- . tion. C’est qu'il était un véritable homme de M 101 11
Més 0 DNpe PASCAL A BARRES .
lettres, j je veux dire quelqu'un qui écrit parce qu’il a le goût de penser et qui pense parce qu'il ne peut vivre sans réfléchir aux lois de la vie. Son intelligence était vaste, souple, subtile, jamais dogmatique, occupée à une perpétuelle refonte de tous ses concepts; c'était, non seulement, un de nos meilleurs | écrivains et un de nos très rares grands .
romanciers, mais un homme absolument supérieur et si riche qu'il ne s’est jamais com- à plètement exprimé dans une œuvre pourtant | variée et nombreuse ; elle ne lépuisait pas ; on trouvait en lui, quand on le rencontrait, un causeur exceptionnel qui avait réfléchi.
sur toute chose et le faisait voir. Ce qui le . caractérisait, c'était la liberté la plus totale \ de l’esprit jointe aux formes d’expression les plus modérées. Il avait le goût presque héroïque de la vérité ; ce goût si national commun à Montaigne et à Voltaire, à Pascal et à Renan. Dans les dernières conversations que j'ai eues avec lui, j'ai vu combien il souffrait de la forme du roman, trop esthétique à son goût pour exprimer toute la vérité. IL y a en effet une technique du roman, une w stylisation, qui sont l’art et qui défendent « de tout dire. Il s’en irritait. La lecture de Marcel Proust l’avait profondément troublé :
1l avait toujours rêvé d’une forme romanesque qui pût juxtaposer l’observation du monde … extérieur à un esprit de méditation central
analogue à celui des Essais. Il faisait souvent allusion à un ouvrage de ce genre qu'il eût désiré faire. L’a-t-1l écrit ou seulement ébauché? Je l’ignore, mais je suppose qu'il laisse bien des œuvres posthumes, et surtout ce journal dont il a publié, ici et là, de si rares, mais de si beaux fragments. [l ne tenait pas à le publier, mais 1l lui était impossible de ne pas s'exprimer. Sur son grand bureau de la rue des Vignes qui donnait sur un beau jardin, que ce fut un des derniers chagrins de sa vie de voir détruire, il y avait toujours plusieurs manuscrits commencés.
Que d'heures charmantes j'aurais passées, assis sur un canapé de cuir qui faisait le tour de la pièce, sous les bibliothèques, à causer avec René Boylesve ! Il aimait la littérature plus que tout, et la conversation. Il souffrait de mille choses, car sa nature nerveuse et délicate était en proie aux secousses d’une sensibilité douloureuse et passionnée, mais avec quelle sagesse, quelle pondération ne s’exprimait-il pas ! Cette sagesse, cette pondération l'ont empêché d’avoir un succès aussi éclatant qu'il l’aurait dû. Formé au temps du symbolisme, écrivant alors dans les petites revues, et même un des premiers rédacteurs de cet Ermitage, qui a laissé avec le Mercure de France et la Revue blanche une trace glorieuse, 1l aurait pu, comme plusieurs
des écrivains de ce temps, se signaler par ces audaces et cette forme hardie qui atürent
sur vous l’attention de votre génération et parfois du public. Il s’en garda bien, et on vit alors de lui des contes purs et clairs, qui faisaient penser davantage à Anatole France qu'à Villiers de l’Isle-Adam ou à Mallarmé.
Il avait choisi la discrétion, le tact, une certaine retenue, et s’il souffrit parfois, je pense, du peu d’étendue de son public, il eût certainement préféré un silence plus grand encore à telle ou telle réputation trop
bruyante. Quel magnifique exemple que cette
sobriété !
Il faisait penser à un homme du seizième siècle, et même physiquement. Ce Touranseau avait l’air d’un portrait de Clouet. Avec son grand front dégarni, son nez fort et busqué, son bel œil ardent enfoncé sous une arcade sourcilière fortement marquée, ses traits creusés et fins, sa courte barbe pointue et sa stature mince et frêle, on se le représentait volontiers dans le costume d’un contemporain de Montaigne ou de Joachim du Bellay : humaniste et moraliste, 1l était de ce temps, et son inquiétude même était d’un homme de la Renaissance plus que d'un esprit troublé par le romantisme : elle portait davantage sur la condition humaine en général que sur des tourments d’ordre lyrique.
On ne fait jamais le tour d’un grand es-
” prit; on avait avec René Boylesve l’impression qu’il avait toujours à nous dire quelque chose de plus que ce qu’il nous confiait et qu'il ne le dirait peut-être jamais. Quand on le quittait, on savait qu’il allait s’enfoncer de nouveau dans cette méditation un peu amère qui a rempli sa vie. [l avait de l’ascète et du païen, et je ne sais lequel des deux était le plus ancré en lui. L’être qu'il hvrait au monde extérieur était le plus courtois, le plus dévoué, le plus constant. Pas de meilleur ami que lui; je l’ai rencontré pour la première fois en mai 1903, et de ce jour jusqu’à cette date du 6 janvier 1926, où je l'ai vu pour la dernière fois, Je ne peux dire combien de témoignages 1l m'a donnés de cette affection noble et profonde. Qu’on m'excuse de parler de moi ici : c’est un exemple de cette géné- : rosité et de cette bienveillance qu’il a témoignées à bien des êtres et qui font aujourd’hui leur douleur : pas une voix ne s’élèvera pour apporter un témoignage différent ou pour relater une de ces anecdotes mesquines qui diminuent, quand elles sont vraies, la grandeur d’un homme que l’on respecte. Cette unité de l’âme dans la complexité de l’intelhgence, c’est aussi ce qui f4it rendre un son si vénéré et si pur à l’œuvre de René Boylesve, sur laquelle, taisant notre peine personnelle, il nous faut, hélas! revenir aujour-
d’'hui.
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Il y a dans cette œuvre trois courants bien distincts : tantôt 1l s’abandonnait à l’un,
tantôt à l’autre, et tantôt aussi 1] les com-
binait. Ou plutôt il a été comme cela jusqu’en
1914; à partir de 1914, tout en reprenant quelques-uns des DREUX qu’il avait illustrés jusque-là, 1l a fait sur la vie tout un ensemble de réflexions nouvelles dont sont sortis plusieurs livres et en particulier ces Souvenirs du jardin détruit, qui sont une de ses œuvres les plus fortes et les plus belles. La mort l’a surpris au cours de cette méditation et nous F ne saurons que dans quelque temps si ces réflexions nouvelles ont inspiré déjà d’autres œuvres accomplies ou simplement les projets dont 1l nous entretenait quelquefois.
Il y eut d’abord dans René Boylesve un poète de mœurs provinciales, et je dis un … poète et non un romancier, car de romanciers i de mœurs provinciales nous en avons beau- | coup et nous en avons toutes les années de ï
nouveaux, tantôt bons et tantôt médiocres.
Mais la plupart ne sont que des observateurs, …
et ce qu'ils nous racontent ne dépasse pas … l’observation. Ce qui fait la beauté, ce qui … fait le charme de Mademoiselle Clogue ou de la Becquée, de l’Enfant à la balustrade ou de
la Jeune fille bien élevée, c'est que, derrière …
cette observation quotidienne, il y a en même ‘temps une transfiguration poétique de cette vie provinciale qui paraît d'habitude si terne et si pauvre, et, d’une autre part, la conviction que cette vie permet les plus graves et les plus nobles conflits. La Jeune fille bien élevée, on peut supposer qu'elle a quelque chose de l’âme de René Boylesve : ce désir de faire de l’existence de tous les jours quelque chose de plus beau, cette impossibilité de vivre sans poésie, sans idéal, non point perdu.
dans les nuages, non point insaisissable, mais
intime et riche et capable de verser sur la morne prose de chaque jour un peu de divin hydromel. C’est ainsi que nous nous représentons l’esprit de René Bovylesve pendant sa jeunesse. Cette jeune fille a des sentiments profonds, elle aime la musique, elle adore un vieux maître qui lui a révélé le monde ondoyant et multiple des sonates et des symphonies, elle voudrait ne pas abdiquer tout cela, elle ne réclame pas l’impossible, elle demande simplement qu’on lui laisse un peu de foi dans ce quelque chose qui mérite qu’on vive. Mais la vulgarité est là, elle doit tout abdiquer, on ne lui laissera rien et elle devra s’enfoncer dans cette vie qu’elle a toujours détestée, toujours méprisée. Et c’est l’histoire de Madeleine, jeune femme. \ci encore l’idéal reparaît, mais 1l reparaît sous la forme du serpent, 1l reparaît comme la tentation;
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et la malheureuse femme ne pouvant retrou- à ver cet idéal perdu dans un amour qui lu est interdit, elle le transportera définitivement dans sa tristesse, dans son devoir; toutes ces émotions, toutes ces attentes, tout ce bonheur qui lui sont venus autrefois de la poésie, elle les incarnera dans sa vertu pour faire de sa destinée une destinée noble et qui ait du prix. Ces deux livres sont significatifs de l'esprit de René Boylesve, et les conflits qu’ils dépeignent et qu’ils incarnent on les retrouvera un peu dans toute son œuvre. Pourtant ce ne sont pas ceux que j'admire le plus. Pour moi, il n’en est point que je mette au-dessus de la Becquée. J'ai été souvent désolé que les plus grands succès de la carrière de René Boylesve soient allés aux Leçons d'amour dans un parc, à cause de cette galanterie dix-huitième siècle qu’on y trouve, et non à la Becquée, qui est un hvre si fort et si grand. Mais il y a une apparence de libertinage qui frappera toujours ici plus que tout, et quand elle est exprimée avec art, le lectèur est entièrement satisfait, parce qu 1 peut mieux se masquer les raisons qu'il a de s’y plaire. La Becquée pourrait être le roman de la propriété ; il nous montre que dans cet attachement à la propriété, quia été une qualité française par excellence et qui a constitué la force de la France tant que les idéologues n’ont pas cherché à prouver aux
Eee TASER CRE NL, ARE pl An
Français que la propriété était une erreur
économique et que le gaspillage devait lui être préféré, il peut y avoir de l’héroïsme.
Mais les romans de Boylesve sont les romans de chevalerie de la bourgeoisie moyenne.
Montrer l’héroïsme quotidien, l’héroïsme des vertus, sans éclat, voilà bien quel a été son rôle essentiel : seulement, 1l montre cet héroïsme avec un goût Double et Poignant de la vérité et le public français n'aime pas cela. Il aime que la vertu s’accompagne de richesse, que les beaux sentiments soutiennent de grands noms. Tout l’enthousiasme, tout le lyrisme de René Boylesve, on ne les voit pas tout de suite, 1l faut aller les chercher. Mme Félicie Planté, l’héroïne de la Becquée, n’est rien qu’une bourgeoise française, comme 1l y en a eu tant en France et comme il y en aura peut-être encore, si le destin cesse de nous être contraire. Elle n’a qu'un but : conserver intacte, agrandir,
faire fructifier cette terre qui est à elle et qui
doit rester à sa famille. Ce n’est pas par intérêt, elle vit de rien, elle n’a aucun besoin, son intérêt est presque abstrait. |
C’est la conjonction de l'esprit de famille avec un certain amour du sol natal, de la chose impérissable qui vous nourrit et dans laquelle on dormira. Mme Planté ne sait rien de tout cela, elle sait simplement qu'il faut
luiter contre les dilapidateurs, contre les
sn
. trade, le gosse désolé par tous les tracas il
bohèmes, contre les égarés, et FIL. sauve sa terre tout en aidant les dilapidateurs, Jes bohèmes et les égarés. Ils la tuent d’ ailleurs \ à la longue à force de la tourmenter, mais.
la terre restera intacte, et c’est l’essentiel. Je sais peu de choses Le le roman universel qui soient plus belles, plus simples et plus grandes que la mort de Mme Planté. Il faut relire ce chapitre-là ; les plus grands roman- ciers n’ont rien écrit de plus juste et de plus. fort. Tout y est, la vérité et l'émotion, la sobriété et le relief des caractères: et ce chapitre prend en même temps un sens supérieur qui le dépasse et qui montre dans .
Mme Planté et dans sa mort un de ces spectacles généraux dans lequel mille ae 1 larités sont inscrites. M ademoiselle Cloque est aussi une de ces figures qui, à force de sim- 4 pheité et de vérité, en ob presque le daires ; elle est ridicule et elle est ORAN
dans la croisade qu’elle entreprend pour une pauvre question diocésaine; mais elle a la.
foi et cette foi il faut qu "elle la manifeste, | elle ne peut supporter, elle non plus,
Un monde où l’action n’est pas la sœur du rêve. al Et quand, à la fin de l'Enfant à la bale Au ciule il assiste et les tourments qu’il tra- …
verse, demande éperdument à la statue d'Al.
Fred dde Vigny, qu'il voit de sa terrasse e
qui domine la petite ville, s’il y a quelque chose au-dessus de nos petitesses, — de nos deuils et de nos infamies, — il incarne lui aussi cet esprit de René Boylesve qui cher- chaït avant tout une harmonie supérieure et, pour tout dire, un idéal. Il a poursuivi la province jusqu’à Paris, et le Bel avenir qui se passe au Luxembourg et autour du Luxembourg est moins un roman parisien que le roman des provinciaux à Paris. C’est un charmant livre, d’ailleurs, et qui en dit long sur la vanité tenace des parents.
Je ne crois pas qu'aucun romancier ait
mieux exprimé la vérité moyenne de la vie française que René Boylesve ; si, plus tard, les historiens veulent savoir exactement ce qu’aura été l'esprit français général, à la fin du dix-neuvième siècle, je leur conseille de lire la Pecquée et P Enfant à la balustrade, Mademoiselle Cloque et le Bel avenir, la Jeune fille bien élevée et Madeleine, jeune femme.
Sans doute trouvera-t-on alors l’ensemble de notre vie bien étroite et nos peines bien menues. Mais je crois que ceux qui les dépeignent autrement se trompent ou bien qu'ils mentent. La vérité est là et pas ail- leurs.
À travers toutes ces œuvres, on voit.
. l'amour de René Boylesve pour sa Touraine natale; en dehors de ses livres d'amour, . ses plus beaux livres sont ceux qu’elle a ins-
pirés. Personne n’a parlé d’elle mieux que lu, avec autant de poésie et avec autant d'émotion ; il a aimé la province parce qu'il y a été élevé, parce qu'il a su tout ce que contient d'intimité et de charme une vieille maison bien en ordre qui sent la boiserie et les confitures, et où une aïeule au visage usé reçoit les vieilles gens. [l a su exprimer tout ce qui tient de douceur dans un mur de couvent, un jardin tranquille, unerue étroiteentre des murs bas, une ligne de peupliers le long des levées de la Loire. Et je ne crois pas que le temps détruise beaucoup de choses dans toute cette partie de son œuvre. Il y a tant d'amour en elle qu’elle en gardera un caractère presque sacré. :
Mais 1l y a chez René Boylesve un second | élément qui n’est pas moins important : l’analyse sentimentale. Ici on retrouve l'influence des grands analystes français, et plus particulièrement celle de Fromentin, à qui Boylesve a ressemblé personnellement beaucoup, . surtout quand il avait, il y a quelques années, | sa grande barbe carrée. Trois fois, il est …
revenu sur le thème de l’amour thalheurt FC
Sainte Marie des Fleurs, c’est l'amour d’un … jeune homme pour une jeune fille qu’il ne.
peut pas épouser; le Meilleur ami, c’est l'amour d’un homme déjà moins Jeune pour … une jeune fille qui en aime un autre; Mon amour, c’est l’amour d’un homme bear oi
SUR LA MORT DE RENÉ BOYLESVE 173 mûr pour une jeune femme dont il est l'amant et dont il croit qu'elle l’aime, mais qui préfère son mari à tout et qui le quittera au premier signe de celui-ci. Une sourde et grave mélancolie plane sur ces livres dont le plus beau est certainement Mon amour.
Il contient entre autres pages un retour à la ville natale et'au cimetière de ses parents qui, j espère, prendra place un jour dans toutes les anthologies, car, sous la forme la plus pure, on y trouve la sensibilité la plus délicate. Dans son état actuel, Mon amour, par la sobriété de son dessin, par son resserrement autour du sujet, par son équilibre, est une œuvre d’une perfection presque classique. Mais je tiens de René Boylesve qu’il y a eu une première Version où Justement tous les éléments complexes de cet amour, toute sa richesse et toute sa variété étaient répandus. Ce texte existe-t-1l encore, est-il publiable? Je l’ignore. Il serait bien intéressant pour nous, cependant, de connaître la version primitive de ce roman.
Notons enfin cet esprit alerte et un peu libertin, cet esprit des contes du dix-huitième siècle lues j'ai parlé plus haut et que l’on trouvera dans la Leçon d’amour dans un parc, les Bains de Bade et le Carrosse aux deux lézards verts. Ces livres lui ont servi de divertissement et je crois qu'il s’est beaucoup amusé à les écrire, Pour ma part, je dois
DE PASGAL A BARRES
avouer que je trouve les ‘deut autres courants de son œuvre tellement supérieurs à celui-ci que je ne peux les mettre en parallèle. | Le vrai Boylesve, celui que nous admirons, - * je crois bien qu’on le trouvera toujours plutôt dans la Becquée et dans Mon amour que dans la Leçon d'amour dans un parc. Avec les Soupenirs d'un jardin détruit, c’est un nouvel écrivain qui se formait, un écrivain troublé par les problèmes de la psychologie la plus hardie et la plus complexe, celui auquel Je faisais allusion plus haut et qui modifiait tous les points de vue qu'il avait formés.
depuis le début de sa carrière. Le morahiste l'emportait sur le conteur, le philosophe sur le romancier. Je suis persuadé que l’on trouvera . dans ses papiers beaucoup de pages qui nous révéleront davantage ce qu'a été et ce qu’ aurait pu être ce Bovylesve-là. Chacune de ses | œuvres était, en effet, pour lui, non pas un. livre à écrire, mais une étape de sa vie.
morale. Il a été jusqu’à la fin un homme de lettres véritable, et c’est bien pour cela, que sa disparition crée un pareil vide parmi nous.