‹ L'esprit des livres 1923Chapitre 32 sur 43 · MIRACLES · texte numérisé non relu

MIRACLES

| rivière, et ces images familières enfin, qui,

soudain, se transforment et montrent leur côté nie (Es

Il est curieux de relire aujourd’hui, avec des yeux neufs, ces Études que Jacques Rivière publhiait vers 1910 et qui étaient épuisées depuis la guerre. Alain-Fournier, Jacques Rivière, voilà, avec quelques autres, la génération qui a suivi la nôtre, laquelle

venait immédiatement après la troisième

vague du symbolisme, André Gide, Valéry, Claudel, Pierre Louys, Mauclair, Lo Paul rs. Ces points de vue Hrobolbeues auxquels je reviens souvent, ne sont pas inutiles pour suivre l’évolution httéraire et pour s’y reconnaître au mulieu des groupes et des tendances. Dans ces Études, après un hommage à Baudelaire, Jacques He don-

naït leur place à Ingres et à Cézanne, puis à

Gauguin, à Matisse et à Rouault ; enfin, après avoir analysé Rameau, Bach, César Franck, Tristan et Isolde, Dukas, Ravel, Debussy, :

. Borodine et Moussorgski, il célébrait avec

enthousiasme Claudel et André Gide. Un Rivière de 1924 ne changerait pas grand’-

(1) M. Edmond Pilon a rapproché fort pertinemment, Alain-Fournier du grand et délicieux Nodier.

HU 1208 PASCAL A. BARRES si

chose à ces noms : : excepté que on | placerait Bandeleus. Erik Satie et les Six, les musiciens nommés, et qu'un chapitre de fn plus y célébrerait Fdors Ducasse, comte de 4 Lautréamont. “ Dans la préface OU qu il a jointe 5

. à son livre, Jacques Rivière avoue qu'il a parlé de ses maîtres avec un certain fanatisme et qu'il a introduit les mœurs de.

l'amour dans la critique. Il y a beaucoup de vrai là dedans ; c’est-à-dire que Jacques : Rivière transforme les éléments spirituels qu'il reçoit d’une œuvre d’art en éléments organiques, qu'il mélange à sa propre vie. Il ne s'approche pas de ce qu il admire avec la.

prudente hostilité des critiques dont le principal désir est de ne pas être pris en défaut. par l’auteur, de ne pas se découvrir, de laisser le moins de place possible à la surprise, à l'admiration. Bien au contraire, M. Jacques Rivière s’offre tout entier à ce qu'il aime, 1. ne craint que de ne pas l’aimer assez ; chaque | belle œuvre le crible de flèches dont il ne veut | éviter aucune : c’est le saint Sébastien de la w critique. de Mais il est récompensé de son heureux mar- … tyre ; quelques-unes de ses pages ont un caractère définitif. S1 son Baudelaire est bien. limité et enserre difficilement l’énorme per-… sonnalité du poète, le morceau qu’il a consa-. cré à Bach est d’une intelligence totale; je :

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ne a he pas qu’ on ait mieux parlé de Bach,

ni plus exactement. Mais si Jacques His

sensualise, en en parlant, la littérature et la

musique, par contre, un mouvement naturel de sa pensée le pousse à parler de la peinture

en termes trop abstraits. Ce qui ne l'empêche

pas de dire sur [Ingres et sur Cézanne des choses excellentes. Pourtant, les plus belles de ces Études sont consacrées à Gide et à

Claudel — surtout à Gide. Je ne vois pas.

non plus qu’on ait rien écrit de meilleur sur

l’auteur de l’Immoraliste, ni qui demeure plus actuel.

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