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CHAPITRE V

Le respect des morts. — Les martinets. — Un oiseau qui ne peut s'envoler. — Le grand martinet à ventre blanc. — Ses mœurs. — Sa présence annonce dans le Midi un hiver rigoureux.

Fritz Jung, auteur d'un volume trop peu connu , publié à Berlin, et que son auteur consacre tout entier à un petit nombre de faits curieux observés avec une patience dont un Allemand seul est capable , Fritz Jung a passé une partie de sa vie à étudier les hirondelles. Il professe pour ces oiseaux un enthousiasme qui touche presque au fanatisme;

aussi prenons-nous ces précautions oratoires pour citer les deux faits suivants :

« Une hiroudelle, en sortant de son nid, se prit parle cou, sans doute dans un fil du crin faisant partie de la couche moelleuse destinée à sa jeune couvée , et se trouva ainsi suspendue le corps en dehors. La pauvre bête faisait des mouvements violents pour se débarrasser, lorsque les hirondelles ses voisines , attirées par ses battements d'aile , vinrent en grand nombre s'empresser pour lui porter secours. Elles se groupèrent tumultueusement autour du nid , et cherchèrent à briser avec leurs becs le lacs fatal qui retenait leur compagne. Mais l'aide était insuffisante, la délivrance n'arrivait pas, le temps se passait et la situation devenait de plus en plus critique. Un moineau franc se mit à l'œuvre avec les hirondelles , et becqueta vigoureusement à son tour : tout fut inutile.

« Malgré une persévérance de plus d'une heure, la pauvre patiente n'éprouvait aucun soulagement ; au contraire , ses mouvements vigoureux d'abord finissaient par s'affaiblir , par devenir convulsifs , saccadés, puis enfin le corps, toujours suspendu, retomba une dernière fois inerte pour jamais ; le sauvetage n'avait pas abouti, et tant de généreux efforts demeurèrent infructueux.

« Pendant quelque temps les hirondelles s'approchèrent encore en voletant de leur malheureuse compagne; mais, au moment de se poser sur le nid, rimmobilité du cadavre révéla sans doute à leur instinct la mort de la victime , car tontes s'envolèrent en planant pour ne plus revenir.

« Quelques minutes après, la fenêtre était devenue solitaire. »

« Un couple d'hirondelles, après avoir pris possession d'un nid construit, Tannée précédente devant ma maison, par d'autres oiseaux de la même espèce, y trouva les corps desséchés de quatre petits couverts de plumes, et que je ne sais quel acccident avait sans doute là fait mourir de faim. Peut-être bien ai-je le droit d'accuser de cette cruauté mon voisin de campagne , le jeune baron Mùller, qui, aux approches de l'ouverture de la chasse, tire sans pitié sur de pauvres hirondelles , sans autre justification que le besoin de se refaire la main et l'œil ; ce sont des boucheries inutiles , commises pour préparer des boucheries lucratives.

« Les deux hirondelles, à la vue de ces cadavres, tinrent conseil ; le mâle, qui se piquait sans doute d'esprit fort, s'enhardit à entrer dans le nid, et même à tirer par la patte un des oisillons trépassés ; le membre lui en resta dans le bec. La femelle in-

d ignée, d'un coup d'aile, abattit ce triste débris, et s'envola en appelant son compagnon , qui la suivit docilement, et, pour ainsi dire, honteux de ce qu'il venait de faire.

« Bientôt je les vis revenir tous les deux portant dans leur bec, chacun une boule d'argile, avec lesquelles ils commencèrent à fermer l'entrée du nid, devenu un sépulcre. Après quoi, ils s'en allèrent de nouveau s'approvisionner de terre molle pour continuer leur pieuse besogne , et ils ne songèrent à construire leur propre demeure qu'après avoir clos hermétiquement le nid funèbre pour le mettre à l'abri de toute nouvelle profanation. »

On divise îes hirondelles en plusieurs espèces : les hirondelles des fenêtres, les hirondelles des cheminées et les hirondelles de rivage. On les distingue facilement les unes des autres, quoiqu'il existe entre elles une grande ressemblance. La seconde (hirundo rustica) arrive avant les autres en Europe, se nourrit exclusivement d'insectes ailés, et se fait remarquer par la richesse des tons mordorés de ses plumes ; la première [hirundo urbica), d'un plumage moins riche et à bec noir, part isolément à l'automne , sans conciliabule , et pond trois fois par an ; la troisième [hirundo riparia), ainsi que l'indique son nom , hante les bords des rivières, et

niche indifféremment dans les trous naturels des arbres , ou dans les crevasses des rochers. Au besoin, elle se creuse elle-même, à laide de ses pattes, des nids au sommet des endroits les plus escarpés, et elle effleure sans cesse en volant la surface des eaux, pour y faire une guerre acharnée aux insectes aquatiques.

L'hirondelle des rochers ( hirundo rupestris ) , particulière aux rives de la Méditerranée , vit aux bords de la mer dans les creux des rochers.

Quoique l'hirondelle salangane n'habite pas l'Europe , nous ne pouvons la passer sous silence , car c'est à elle qu'on doit les fameux nids comestibles qui, des habitudes gastronomiques des Chinois, commencent à passer dans les habitudes culinaires des Français.

Les salanganes placent leurs nids, dans les rochers au bord de la mer ; elles en tapissent des cavernes entières; on en trouve aussi à peu de distance de l'île de Java et auprès de celle de Sumatra. On prétend qu'elles mettent deux mois à façonner ces nids; leur ponte est de deux œufs, l'incubation dure quinze jours. Il paraît quelles ne quittent jamais le lieu de leur naissance.

Les Javanais prennent mille précautions superstitieuses avant de récolter les nids de salangane.

Habitués dès leur enfance à ce métier dangereux ,

ils ne négligent rien pour s'assurer la protection de leurs dieux, à qui ils sacrifient des buffles, et adressent de ferventes prières. Ils se frottent le corps d'huile odoriférante, et brûlent des parfums dans les cavernes qu'ils se disposent à explorer à l'aide d'échelles de roseaux, et en se servant de flambeaux qui résistent facilement à l'action des gaz.

Les nids de salangane, d'un

L'ESPRIT DES OISEAUX. (i9

goût fin, légèrement parfumés, onctueux, compactes, délicats, et d'une digestion facile, se composent d une matière gélatineuse, qui rappelle un peu par sa forme , sa densité et sa saveur, les fonds d'artichauts desséchés qu'on sert sur nos tables comme complément de certaines sauces. Lorsqu'on les a récoltés, on les dégage d'un treillis de fils dans lequel ils se trouvent engagés > et qui se compose d'une matière moins fine, mais que l'eau tiède délaie , et qui sert à la confection de certains ragoûts fort en vogue dans le Céleste -Empire.

On ne sait rien ni des matériaux , ni des procédés de préparation qu'emploient les salanganes pour fabriquer ces nids.

On suppose, sans trop de preuves, qu'ils proviennent d'une matière digérée par les oiseaux , à peu près à la façon dont les abeilles digèrent la miellée pour produire la cire , avec laquelle d'ailleurs ils présentent une certaine analogie.

Les Indiens, de leur côté, prétendent que cette matière se fait avec le frai des holothuries et des polypes qui couvre au printemps la mer. Toutefois, la saveur exquise des nids de salangane ne rappelle en rien le goût si caractéristique des œufs et de la chair du poisson.

Des hirondelles aux martinets , la transition est

toute naturelle; comme elles, ces derniers se nourrissent d'insectes; comme elles, ils viennent habiter nos climats et nos demeures; comme elles enfin, ils émigrent aux approches de l'hiver. Toutefois ils en différent par leur organisation et par certains détails caractéristiques.

D'abord ils offrent à l'anatomiste un squelette d'une forme particulière, car ils sont destinés, pour ainsi dire , exclusivement à voler. Véritables habitants de l'air, les martinets, suivant l'expression de Buffon, « occupent dans la classe des oiseaux la position exceptionnelle que les taupes occupent parmi les mammifères. »

En effet, ils ne posent jamais à terre; si quelque accident les y jette, ils ne peuvent plus s'envoler, ou, s'ils parviennent à prendre leur essor, ce n'est qu'après avoir péniblement gagné une légère éminence, ou une pierre élevée, qui leur permette de s'élancer et de mouvoir leurs longues ailes. Sur un terrain uni et sans aucune inégalité, ces oiseaux , si légers, deviennent aussi pesants qu'un reptile.

Spallanzani, à qui l'on doit un grand nombre d'observations sur les martinets, assure pourtant qu'ils parviennent à se détacher et à s'élever de terre, en réagissant sur le sol avec leurs pattes ,

en étendant leurs ailes et en les battant Tune contre l'autre. « Par ce moyen, dit-il, ils peuvent décrire un demi- cercle, bas et peu étendu, puis un second, plus grand et plus élevé, puis un troisième, après lequel ils prennent leur essor; s'ils s'abattent dans un lieu fourré, couvert de buissons ou de hautes herbes, ce sont pour eux des écueils insurmontables par l'impossibilité où ils se trouvent de faire agir leurs ailes.

L'ostéologie exceptionnelle des martinets dont je parlais tout à l'heure , consiste en un sternum allongé , beaucoup plus large en arrière qu'en avant, et sans échancrure vers son bord postérieur, qui fournit des points d'insertion grands et solides aux muscles destinés à faire mouvoir l'aile.

Leurs pattes sont courtes , et leurs ailes , excessivement longues et étroites, à cause du décaissement rapide de leurs pennes. Le raccourcissement de l'humérus, réduit à n'être plus qu'un large noyau osseux , présente cependant de fortes crêtes d'insertion. L'avant-bras lui-même est très-court, et les os de la main , sur lesquels s'implantent les pennes les plus essentielles pour le vol, acquièrent, au contraire, le summum de longueur.

Une espèce de martinet, particulière à la Savoie , le grand martinet à ventre blanc {gypselus alla)

arrive dans ce pays vers le commencement d'avril. A cette époque , elle se tient sur les étangs, autour desquels elle ne cesse de voler dès la pointe du jour ; elle ne gagne les hautes montagnes , son domicile habituel, qu'à la lin de ce mois. On la rencontre aussi dans les montagnes de la Suisse,

du Tyrol et du Busscl ; on la voit à Constantinople, dans les îles de Panaria, d'Ischia, de Lipari et de Malte.

Rarement on trouve un individu seul; ils volent, au contraire, par bandes plus ou moins nombreuses, et circulent sans cesse en poussant des cris retentissants autour des pointes de rochers qui s'élèvent au-dessus des précipices où ils ont placé leurs nids. Quand ils se retirent dans leur gîte, ils le font d'em-

blée, comme les chauves- souris aux approches de la nuit. Une de leurs singulières habitudes consiste à se suspendre les uns aux autres, et à former ainsi une sorte de chaîne oscillante et animée. Un premier oiseau, à l'aide de ses ongles, s'accroche à un bloc de pierre ; un second vient après, qui se cramponne à lui ; et ainsi de suite jusqu'à ce que le dernier qui sert de tête à la chaîne cède sous le poids, et, en se détachant du rocher, la force à se rompre.

Ces martinets font deux pontes par an ; la première produit de trois à quatre œufs blancs et allongés ; la seconde n'en donne , pour l'ordinaire , que deux. L'incubation dure trois semaines. Les jeunes, pris avant leur sortie du nid ou à leur sortie , sont excellents à manger; les vieux, au contraire, et même les adultes, ont un goût huileux et une chair coriace.

Le martinet à ventre blanc construit son nid de deux manières. D'après certains observateurs, il le fabrique avec des fétus de paille, des brins de bois entrelacés en cercles concentriques étroitement liés entre eux, et fortifiés par une multitude de feuilles d'arbres qui en occupent tous les vides. Selon quelques autres , il recourt à de la paille et de la mousse liées ensemble avec une matière

gluante qui, en séchant, donnerait à ce nid la forme et la consistance du nid de la salangane.

On remarque que ces oiseaux , qui d'ordinaire se tiennent toujours très-haut dans les airs, s'abaissent sur les torrents quand surviennent de mauvais temps, et que leur apparition en nombre plus considérable dans le midi de la France et de nos côtes méridionales, coïncide toujours avec des froids précoces, et annoncent un hiver rigoureux.

La Nouvelle-Orléans possède une espèce de martinet qui, loin de porter la sombre livrée de deuil de son congénère d'Europe, possède un plumage resplendissant des plus riches couleurs : c'est le martinet pourpre.

Le vol, dans cette espèce, ressemble beaucoup à celui de l'hirondelle de fenêtre; mais, bien que facile et gracieux, on ne peut le comparer pour la rapidité à celui de l'hirondelle domestique ; excepté celle-ci , le martinet peut distancer tout autre oiseau. C'est plaisir de le voir se baigner et bpire tout en volant, lorsque sur un lac ou une rivière, par un brusque mouvement imprimé à la partie postérieure de son corps, il l'amène en contact avec l'eau, se relève l'instant d'après et se secoue ainsi que fait un barbet, en éparpillant les gouttes d'eau comme autant de perles.

Il se pose assez facilement sur différents arbres, notamment sur les saules, en faisant de fréquents mouvements de queue, lorsqu'il change de place pour chercher des feuilles et les porter à son nid. On le voit aussi fréquemment s'abattre sur le sol, où , malgré ses jambes si courtes, il se meut avec une certaine agilité ; il va picorant un scarabée ou un autre insecte, marchant au bord des flaques d'eau pour s'y désaltérer, mais en ouvrant un peu les ailes, ce qu'il fait aussi sur les arbres, comme s'il ne s'y trouvait pas à l'aise.

Les martinets montrent une profonde antipathie contre les chats et les chiens. Ils attaquent et poursuivent indistinctement toute espèce de faucon, de corneille ou de vautour. Enfin ils chassent et harcèlent un aigle jusqu'à ce que celui-ci ne se trouve plus en vue de leur nid.

« J'avais, dit Audubon, construit et fixé au bout d'une perche un logement spacieux et commode pour recevoir des martinets , dans un enclos auprès de ma maison, où , depuis quelques années, plusieurs couples venaient faire leur nid. Pendant l'hiver, j'établis de cette manière d'autres petites boîtes, désirant y attirer aussi des oiseaux bleus. Au printemps arrivèrent les martinets, qui, trouvant ces petits appartements plus commodes que les

leurs, s'y installèrent, en forçant les jolis oiseaux bleus à décamper. J'observai les divers combats qui furent livrés en cette occasion, et je m'assurai que l'un des oiseaux bleus était doué, pour le moins, d'autant de courage que son adversaire; seulement, le martinet étant le plus fort, il avait dù lui céder sa maison où son nid était presque terminé ; mais, autant qu'il était en son pouvoir, il ne manquait pas une occasion de taquiner l'usurpateur. Le martinet mettait la tête à la fenêtre et se contentait de lui répondre par des accents d'insulte et de défi. Je vis bien qu'il fallait intervenir. En conséquence, je montai sur l'arbre où la boîte de l'oiseau bleu était attachée, pris le martinet et lui rognai la queue avec des ciseaux, dans l'espoir que cette punition mortifiante produirait son effet et l'engagerait à retourner à ses quartiers. Pas du tout; je ne l'eus pas plus tôt lâché, qu'il courut droit à la boîte et y rentra. Je le pris une seconde fois et lui coupai la pointe de chaque aile, de façon cependant qu'il pùt toujours voler pour chercher sa nourriture ; puis je le remis en liberté ; mais cela n'y fit encore rien, et je vis l'entêté martinet se réinstaller dans la boîte en dépit de tous mes efforts. Alors, de colère, je le pris et le traitai de telle sorte, qu'il ne revint jamais plus troubler le voisinage.

« Chez un de mes amis, dans la Louisiane, des martinets s'étaient emparés de quelques creux dans les corniches et y avaient élevé leurs petits plusieurs années de suite, jusqu'à ce qu'enfin les insectes qu'ils introduisaient avec eux dans la maison eurent déterminé le propriétaire à s'occuper d'une réforme. On appela des charpentiers pour nettoyer la place et fermer les ouvertures par où les oiseaux s'introduisaient. Cela fut bientôt fait. Les martinets paraissaient au désespoir; ils apportèrent de petites branches et d'autres matériaux, et commencèrent à reconstruire d'autres nids, en quelque endroit du bâtiment que restât un trou. Mais on leur donna si bien la chasse, qu'après de nombreuses tentatives, la saison se trouvant trop avancée, ils furent contraints de déguerpir et se retirèrent aux environs de la plantation, dans quelques creux d'arbres qui autrefois avaient appartenu à des pics. Au printemps suivant, on bâtit un logement tout exprès pour eux; et c'est ce qui se pratique généralement chez nous, où l'on considère le martinet comme un voyageur privilégié et comme l'avant coureur du printemps.

« La voix du martinet n'est pas mélodieuse; mais cependant elle ne laisse pas que de faire plaisir. On aime surtout à entendre le gazouillement du mâle pendant qu'il courtise sa femelle.

« Les Indiens recherchent avec empressement la compagnie du martinet. Souvent ils suspendent une calebasse à quelque branche d'arbre voisin de leur camp, et ils y préparent avec des plumes un nid où ne manque jamais de venir s'installer un martinet. De cette calebasse, l'oiseau fait sentinelle et se précipite, pour garantir de l'attaque du vautour les peaux de daim ou les pièces de venaison que les sauvages ont exposées à l'air pour les y sécher.

« Les nègres des États du Sud se donnent également le plaisir d'élever des martinets; ils vident avec soin une calebasse, et l'attachent à l'extrémité flexible d'un roseau planté auprès de leur hutte.

« A la campagne , presque chaque taverne a sur le haut de son enseigne sa boîte aux martinets; car, dit -on, plus la boîte est belle, meilleure est l'auberge elle-même.

« Toutes les villes ont aussi de ces boîtes; et l'on peut dire que le marlinet est vraiment un oiseau privilégié, puisque même les enfants maraudeurs ne cherchent pas à le troubler. 11 glisse tranquillement le long des rues en gobant par-ci par-là quelque moucheron, s'accroche sous les gouttières, jette un regard curieux dans l'intérieur des maisons, en se balançant sur ses ailes devant les fenêtres; ou bien il s'élève au-dessus de la ville, plonge dans

l'air limpide et joue avec les cordes des cerfs- volants, qu'il frappe en passant d'un vol rapide et sans jamais manquer le but; puis, soudain, il revient raser les toits, d'où il chasse le chat, qui se retire toujours à la première sommation.

« Dans les États du Centre, le martinet commence à bâtir un nid nouveau, quand il ne se contente pas de réparer et d'augmenter celui de l'année précédente, huit ou dix jours après son arrivée, c'est-àdire vers le 20 d'avril. Il le compose de bûchettes, de petites branches de saule, d'herbe, de feuilles sèches ou vertes, et de tous les chiffons qu'il peut trouver, et y pond de quatre à six œufs d'un blanc pur. Plusieurs couples se retirent dans la même boîte pour couver, et la petite communauté semble vivre en parfaite harmonie. Ils élèvent d'ordinaire deux nichées par saison : la première éclôt à la fin de mai ; la seconde, vers le milieu de juillet. Cependant, comme je lai dit, dans la Louisiane, ils en ont quelquefois trois. Le mâle couve à son tour, et prodigue les plus tendres soins à la femelle. Il gazouille sans cesse, perché sur sa boîte, ou bien passe et repasse devant l'entrée. Ses notes, à ce moment, sont emphatiques et prolongées, mais basses et même moins musicales que ses communs pioas pious.

« Os oiseaux ne se nourrissent que d'insectes, et entre autres de hannetons ; rarement s'attaquentils aux mouches à miel. »

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