X AVANT-PROPOS
bres, indique assez l'estime qu'on ferait de ces productions, si l'on y trouvait en effet tout ce que leur titre semble promettre. Il est agréable, sans doute, de voir réunis dans un espace borné, et comme en miniature, les pensées et les sentiments de ces hommes de génie; mais pour en rendre l'âme, suffit-il d'entasser des pensées brillantes, sans choix et sans liaison? Ces sortes de pensées sont-elles en trop grand nombre? Elles s'entre-nuisent, et s'étouffent mutuellement : elles causent la même obscurité et la même confusion que la trop grande multitude de personnages dans un tableau. Ce sont comme des éclairs qui peuvent nous éblouir pendant quelques instants, et qui nous laissent bientôt dans les ténèbres. Elles ne peuvent servir à embellir le discours, qu'autant qu'elles sont employées avec la plus grande soliriété. Quintilien veut qu'on ne les regarde que comme les yeux du discours.
Or les yeux ne sont pas faits pour être répandus dans tout le corps.
Peut-on dire qu'on dépeigne parfaitement l'esprit d'un auteur, lorsqu'on ne range point ses pensées dans l'ordre qui leur convient, et qu'on retranclu3 tout ce qui sert aies prouver et à les développer : la b(»auté des ouvrages d'esprit (ou de géni(% — c'est tout un) consiste au contraire dans l'ordre juste et nahirel <le toutes les parties qui