PORTRAITS
l. MjkUAttw Uv StJicl.— II. U bourr^aa. — lïL VolUire. — IV, Port-
0\^t vKh\c tous « inaJame la marquise , qui avez l^r\Hucuo la $cuu\cv en jupou (!)• Je voos en félicife, et |o »uW cl^inuo que vous ayex pu^ comme moi, examiner lio iM"^ wiW (Viuiuo ct'lèbre, ou fameuse, qui aurait |ni t^n^ adorable, et qui a voulu a être qu'extraordinaire. U m> faut |Vi$ disputer des goûts ; mais, suivant le n\ion. elle s'est bien trompée. Je trouve que vous la ju)^'t (virfaitement bien, excepté dans Teodroit où tous dîtes \pie :^unYfU <r//e iiit des choses qtieile nepensepas. \)h ! iv^rxlomuM-moi. Klle dit fort bien ce qu'elle vent dire. Je ne connais (>as de tèle aussi complétemoit pervertie; c\\^t To^H^ration inhillible de la philoscqphie moderne sur toute femme quelconque, mais le cœnr n'est
1) Madame vl« Staél,
pas mauvais du tout. A cet égards on lui a fait tort. Quant à l'esprit, elle en a prodigieusement, surtout, comme vous le dites fort bien, lorsqu'elle ne cherche pas à en avoir (1).
Le premier malheur de madame de Staël fut de n'être pas née catholique. Si cette loi réprimante eût pénétré son cœur, d'ailleurs assez bien fait, elle eût été adorable au lieu d'être fameuse.
Le second malheur pour elle fut de naître dans un siècle assez léger et assez corrompu pour lui prodiguer une admiration qui acheva de la gâter. S'il lui avait plu d'accoucher en public dans la chapelle de Versailles, on aurait battu des mains. Un siècle plus sage aurait bien su la rendre estimable, en la menaçant du mépris.
Quant à ses ouvrages, on peut dire, sans faire un jeu de mots, que le meilleur est le plus mauvais : il n'y a rien de si médiocre, que tout ce qu'elle a publié jusqu'à l'ouvrage sur l'Allemagne. Dans celui-ci elle s'est un peu élevée ; mais nulle part elle n'a déployé un talent plus distingué que dans ses Considérations sur la révolution française. Par malheur , c'est le talent du mal. Toutes les erreurs de la révolution y sont concentrées et sublimées. Tout homme qui peut lire cet ouvrage sans colère peut êlre né en France, mais il n'est pas Français (2),
Quant aux autres hommes, je n'ai rien à dire.
Quand on méprisera ces sortes d'ouvrages autant qu'ils le méritent, la révolution sera finie.
Une femme protestante prenant publiquement un
(1) Lettres et op,, t. I, p. 91.
(2) Voir la note A.