‹ L'esprit du droit romain dans les diverses phases de son développement: dansChapitre 63 sur 87 · FAS ET JUS · texte numérisé non relu

FAS ET JUS

teroDS pas sur la question de saivoir, si la dîme dont Téglise a en tant à se réjouir, et dont l'existence est établie même dans l'antiquité romaine, était une institution obligatoire; il nous est atteàté que Ton a^ait anciennement l'habitude de s'y engager par vœu (^*) , usage qui plus tard doit évidemment être tombé en désuétude, car la tradition des temps postérieurs ne nous parle plus que de cas isolés (*^). En revanche, les amendes des parties succombantes dans les procès civils revenaient à réglise, et dans les crimes graves la fortuné entière du coupable était dévolue à la divinité courroucée (*''). Les fautes contre Tordre et les règlements religieux (piacula) étaient expiées par les piamenta, correspondant aux amendes du droit civil (*'*). Une source de revenus libre, mais très productive, d'après les mœurs romaines, se rencontrait dans les vœux (vota) par lesquels on avait coutume d'acheter la bienveillance, et le soutien des dieux pour des entreprises de toute espèce. Quant au culte dont

(***) Dans Macbobs, Sat., m, 12 : Varro,,, testatus, mqjares solitos decimam Herculi vovere. Varro de L. L. YI, 54. ffereuli decuma, Fsstub : DBoncA. qucieque veteres dits tuù offèrebant, H en était de même ches les Pelages, d'après le témoignage de Vabbon, rapporté par Macbobb, Sat. I, c. 7 : décima praedae secundum responsutn Apollini eonsecrata,

(>*^) Macrobb, m, 6. (Dîme du commerce). Titb-Livb, Y, 21. pîme du butin de la guerre).

(***) Par exemple celle de Vhomo sacer (Y. plus bas). D'après IsmoRs, Orig., YI, 29 (reproduit note 250), etSBBV. ad Abn., I, 632 : Saerificia de bonis DiMfKATOBiTiff, la succession de tout condamné exécuté était consacrée à la suppiieatio des dieux. « De bonis mxbobabdoeux, igoute Sbbvius, sacr€M res /îebctnt,

(***) Y. à ce sujet Daitz, Ber sakrcde Schuts^ p. 98 s.; on distingruait les hostiae majores et minores, La pecunia publica au moyen de laqueUe le père d'Horace devait expier le crime de son fils (TiTB-IiivB, 1, 26), dut être employée à des achats de bétail pour les sacrifices. Il n'était pas rare de &ire aux dieux des présents sur les amendes. V. par exemple Titb-Livb,

JL| aS, uti.

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le soin incoinbait aux diverses communautés et aux familles, c'était à celles-ci à en supporter les frais.

Cependant la constitution de la religion et de Téglise ont peu d'intérêt pour notre matière (*"); il est infiniment plus important pour nous de voir comment Félément religieux et le ftu pénétraient la yie toute entière. Commençons par TÉtat

L'État avec son organisation est, au moyen d'une consécration religieuse, placé sous la protection de la religion; il est converti, en qudque sorte, en un édifice divin, auquel on ne peut rien changer sans la volonté des dieux qui y habitent. Il n'y a aucune partie de cet édifice qui ne soit consacrée à quelque divinité. Les Romains ne pouvaient concevoir une union politique sans lien religieux; aussi non seulement toute ^^n«» toute curie,, toute tribu a son culte divin particulier, mais encore lorsque Bome veut contracter avec d'autres peuples une alliance durable , elle doit entrer en même temps en communication religieuse avec eux. C'est pourquoi Rome accueille les dieux de tous les peuples avec lesquels elle a'allie; elle, de son côté, leur ouvre le culte de Jupiter Capitolin , protecteur de tout l'État romain. Les dieux sont des dieux d'État : leur domaine ne peut s'étendre au delà de celui de l'État, mais il s'étend nécessairement aussi loin ; il s'étend et se restreint dans la même mesure que le domaine de l'État. La division politique du peuple a donc aboli l'unité originaire du culte national (*'*). Pour chaque État qui se divi-

(»•) On ne peut cependant omettre d'en &ire mention en exposant Phistoire du droit et c'est avec raison que Waltsb, ROm. R. Geschiehte, chap, 1, 18 (3* édit.), en a fidt l'objet d'one étude minutieiue, à laquelle je renvoie.

(»«) Je ne puis omettre d'empronter ici à l'ouvrage abondant en renseignements excellents d'AxmtosoH, Studien und Andeutungen tm Qébiete de» altr<hnUehen Boden und CuUuê, !• livr., Bresl., 1889, la remarque suivante sur la matière : Bien que Jupitbb et Jmrov (p. 178), dussent leur origine à une idée commune à tous les Latins, cette unité se brisa dès que la vie politique se fut développée à Albe, à Préneste, à Gabîès et à

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