‹ L'esprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 2)Chapitre 21 sur 106 · A FONDATION DIT DBOIT. — BUTIN · texte numérisé non relu

A FONDATION DIT DBOIT. — BUTIN

parenté avec le mot praeda ne saurait être méconnue ("). H n^ a rien d^étonnant à ce qu'on ait pareillement voulu mettre •en rapport la division des choses en res mancipi et nec tnancipi -avec la conquête du butin de guerre (**). Les res mancipi dont la propriété ne se transférait que par mancipatio , ou par un autre mode d'acquisition du droit dvil, étaient, dans cette opinion , les choses que les Romains avaient l'habitude de traîner après eux dans leurs courses guerrières. Je crois cependant que cette opinion , que j'ai partagée autrefois , est inexacte; mais J'en réserve la preuve pour plus tard. La mancipatio repose indubitablement sur l'idée que le transfert de la propriété résulte de Tacte d'appréhension de celui qui reçoit, et non de l'abandon de celui qui donne ; mais elle n'a aucun rapport particulier avec le butin de guerre.

L'idée que Tappréhension est la véritable origine du domaine juridique se manifeste encore dans deux usages. J'indiquerai d'abord les noces romaines. Le mari enlevait la femme du milieu de ses parents ; cela avait bien réussi à Bomulus, ainsi que Festus le remarque ingénument (**). Cependant la légende de l'enlèvement des Sabines fut plutôt l'effet que la cause de cet usage.

(*'} Sur le mot |>raéda, contraction de prae^hida, de prae^hendere, pren-' dere, racine: hed. Y. Pott, loc, cit,y l, p. 142, 199. Au lien de rapporter l'origine de praedium à praeda, (ainsi que le faisaient déjà les Romains, Chromât, veter., éd. Lachmank, I, 869: quod anti^ agros quoM bello ceperant ut praedae namine AofrtffronQ, on a Tonln la rattacher à prctes : la caution dont le praedium était la sûreté. Ce n'est là que déplacer la question , et non la résoudre : car praee dérive de la même racine , la caution est celui qui prend sur lui. Bivibb, dans ses recherches sur la eautioprae-dibu» praedOsque , Berlin, 1863, p. 14, fait dériver prœê deprae-vcu; il n'explique point le rapport de ce mot avec praeda et praedium, mais il admet la relation de ces derniers entre eux (p. 30)»

(") PucHTÂ. Cours d'inititutee, t. Il, § 288.

('*) Sub voce rapt,

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