LITRE I. — TITRE I. — CHAP. I. — VOLONTÉ SUBJECTIVE
Le second usage avait un caractère religieux. Là où les hom* mes vivent de rapine , et voient dans la rapine la base de la propriété , les dieux aussi doivent se procurer leurs serviteurs par le même moyen. CTest ainsi , en effet , que les vestales (*^) et le flamen diàlù étaient enlevés (capiuntur). Étaient-ils les seuls ? Et, le cas échéant, pourquoi étaient-ils les seuls ? C'est ce que nous ignorons.
Le symbole de la propriété était la lance. Une lance plantée dans le sol annonçait à Rome tous les actes publics qui avaient rapport à la propriété. Il en était ainsi , par exemple, devant le tribunal des centumvirs , qui connaissait principalement de la véritable propriété romaine; il en était encore ainsi dans lea ventes publiques (fub hasta vendere) (").
Le mot subhastation , qui a passé dans le langage judiciaire de nos jours, prend sa source dans cet usage. Dans Taffranchissement des esclaves devant le Préteur, apparaît également la lance, remplacée plus tard par un bâton, en langage officiel : vindicta. Mais cela nous conduit à la vindicatio , dont nous n'aurons à nous occuper que plus loin. Le cérémonial des noces comportait aussi la lance. Il était d'usage , pendant la cérémonie du mariage, que le futur époux partageât la chevelure de la future au moyen d'une lance , coelibaris hasta (^). Festus , qui nous a conservé ce renseignement , donne entre autres explications , que la lance est le signe le plus élevé de la puissance (c summa armorum et imperii »). Cet acte aurait été ainsi le symbole de l'entière soumission de la femme à la puissance de son mari. Cependant, d*après de nouvelles recherches, il
(**) GxLL. I. 12 § 18 : Ponii/lcU maœimi manu prehensa ab eo partie y in eujus potestate est, veiuti bisllo capta abducitur.
(*') C'est ainsi que le mot hasta tout seul, servait encore, plus tard, à désigner les ventes à Pencan, par exemple : ftscàlis hastae fides. Ce mot était aussi employé pour les locations publiques , Titr-Livi , XXX fX, 44 : Submotis ab hasta,
(**) y. FssTUS , sub hac voce.