‹ L'esprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 2)Chapitre 23 sur 106 · A. FONDATION DU DSOIT. — BUTIN · texte numérisé non relu

A. FONDATION DU DSOIT. — BUTIN

est hors de doute aujourdliui que cette explication n*est pas exacte (**).

Il est si naturel que les Romaiiis n'aient pas refusé aux dieux le signe le plus élevé de la puissance, que nous nedeyonspas nous étonner d'apprendre (^) que les Bomains des temps primitifs adoraient tous les dieux sous la forme d'une lance. Plus tard , la lance , de symbole des dieux qu'elle était d'abord , devint leur attribut dans sa plus ancienne forme : comme hasta pura, ou lance sans fer {^).

Lorsque la force physique est la source de l'acquisition, il est naturel que la main y joue le premier rôle comme instrument. Combattre c'est en venir auœ mains, manum conserere; attaquer c'est mettre la main sur... manum iiyicere , manus iiyectio. La puissance juridique elle-même est nommée ntanu^, parce que en fait c'est la main qui l'a fondée, et qui la maintient (**). Il est vrai que le droit postérieur a limité cette expression dans son usage technique, à une seule espèce de puissance : celle du mari sur la femme , mais le mots composés au moyen de cette expression , qui sont restés en usage dans le droit postérieur, en ont conservé le sens général primitif ('^). La force matérielle,

(**) R088BACH , Untersuchungen %uber die rÔmUehe Bhe. Stuttgart, 1863, p. 290. La lance servait originairement à coaper la chevelure, et elle s'est conservée comme forme résidnelle. lU. 194.

n Jjjvm , XLIII. 28.

(**) « La lance de guerre n'était pas , à l'origine, garnie de fer, ce n'était • qu'une hasta pranuta,, affilée au feu. Il est resté de tradition chez les » peuplades italiques que cette arme servait autrefois dans la guerre, » soit pour la déclarer, par le ministère des féciauz, au moyen d'une » lance jetée sur le territoire ennemi , soit pour récompenser la valeur » des soldats, en leur donnant une hasta pura ». Rosbbaob, loc, eit*, p. 291. Il en est ici comme du cas de la note 28.

(**) De manus dérive aussi manubiae : le produit du butin. QtLL. XIII. 24.

(»} Voir pour plus de détails § 85.

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