‹ L'esprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 2)Chapitre 24 sur 106 · LIVRE I. — TITRE I. — CHAP. I. - VOLONTE SUBJECTIVE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — TITRE I. — CHAP. I. - VOLONTE SUBJECTIVE

la puissance est donc la mère du droit. Telle est la conclusion de ce qui précède. Cette proposition exprime clairement la manière de considérer la vie , et l'esprit belliqueux du peuple ; elle caractérise Thistoire antérieure de Rome. L'étymologie nous en fournit encore de nombreuses preuves. De même que la langue latine ne désigne pas les fonds de terre par leur qualité si saillante dMmmeubles , mais les envisage comme objets de butin , de même elle ne désigne pas Thomme par son sexe, mais elle le nomme d'après sa vocation guerrière. L'expression sanscrite pour traduire l'homme , est nri et nara (**), et la langue grecque Ta conservée dans âvi^p. Le latin, au contraire, la rejette , et y substitue le mot vira (vir) qui en sanscrit, signifie guerrier, héros : c'est dire que les hommes romains ne se caractérisent point par leur sexe , mais par leur vocation guerrière. La vertu romaine: vir^tis est donc, d'après sa signification originaire , la possession de la virilité, c'est-à-dire de la valeur guerrière. Le mot vis y force, puissance, a trop d'analogie avec vir, tant pour la consonnance que sous le rapport de cette antique manière de yoir des Romains , pour que l'on doive hésiter à conclure à une parenté étymologique entre ces deux expressions (*^). L'idée dont nous nous occupons ici , revêtue d'une forme personnelle, peut être rendue ainsi : Un guerrier (vir), exerce sa force (vis) au moyen de la lance (hasta), et il soumet les personnes et les choses à son pouvoir (manus).

Le nom du peuple, Quirites, selon son étymologie reçue, se rapporte à la même idée. Quiris, curis est l'ancienne lance

(•») PoTT, loe. cit., I, p. 106.

(**) Étymologiqnement parlant, la corrélation de vis et de vir est poa* sible , IV de ce dernier est même conservé dans le pluriel du premier, y. PoTT, loc. cit., tom. I, p. 205 qui tronve cependant quelque motif d'hésiter dans cette disparition de IV au singulier. Mais v. les remarques de Lànqs, loc, cit., p. 42.

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