‹ L'esprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 2)Chapitre 34 sur 106 · LIVRE L — TITRE I. — CHAP. I. — YOLONTÉ SUBJECTIVE · texte numérisé non relu

LIVRE L — TITRE I. — CHAP. I. — YOLONTÉ SUBJECTIVE

Dans ces trois cas Finjustice da délinquant est flagrante. La loi ne fait que marquer du sceau de la justice ce que le lésé aurait fait immédiatement ou après coup, sous l'impression de Tinjustice qu'il a subie (^'). Il paraîtrait que les mœurs romaines aient eu une prédilection pour la forme de vengeance, par laquelle ro£Eensé s'emparait de la personne de son adversaire, et ne le relâchait qu'après rançon. Je tire cette conclusion de ce que le droit postérieur accorde expressément cette faculté dans plusieurs cas: par exemple, dans le cas mentionné plus haut, du furtum manifestum, puis contre le débiteur insolvable, et dans tous les délits commis par des esclaves ou des fils de famille. Si le père ou le patron de ces derniers ne préférait réparer le préjudice occasionné par eux, il devait les noœœ dare, c'est-à-dire les livrer à celui qui avait souffert le dommage, afin que celui-ci pût luimême tirer satisfaction d'eux, ou s'indemniser au moyen de leurs services. On a émis la conjecture (*®), et je m'y rallie, que « les actions noxales contenaient originairement, d'une manière » absolue, la demande en délivrance de la personne qui avait » causé le dommage, afin de pouvoir exercer sur elle la ven- » geance privée. » Nous trouvons dans les relations internationales la reconnaissance du même droit de délivrance. Le romain qui d'après les principes du droit international, avait offensé un peuple étranger, était abandonné à la vengeance de celui-ci ; par exemple, celui qui avait outragé l'ambassadeur étranger, ou le général d'armée qui avait conclu avec l'ennemi une spon- 9io que le peuple romain ou le Sénat désavouaient (^^}. La deditio se faisait : lU papulus religione solvatur, afin que le peu-

(4s) Contrairement à Popinion de ceux qui ne vealent voir dans le pouvoir de tuer le Voleur qu'un cas de légitime défense (par ex. £. Platmbb. Quaest, de jure crim. Bam., p. 69 s.) Y. SxBGEB, l. e. 218-247.

{*•) DiBKBBir, eiv. Abhand, T. I, p. 104.

i*^) Maubicb Mûllbb-Jochmus, Oeschichte de$ VôlherrechU im Alterthum, %7let%92.

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