L PRINCIPE DE FAMILLE. — OENTES
posée de Numa {**^). Celui qui avait tué un homme par imprudence, devait donner aux parents de celui-ci un bélier; c^était le bouc émissaire qu^ils sacrifiaient à la place du coupable {^^), Le sang versé réclamait du sang; si les parents avaient pareil droit en cas dliomicide involontaire, ils l'avaient à plus forte raison en cas de meurtre.
De même que l'impuissance d'un gentil à se venger lui-même ou à faire valoir lui-même son droit, obligeait la cens à le venger ou à l'assister, de même aussi l'insolvabilité d'un gentil imposait à la gens l'obligation de venir à son secours. Les classiques (*'^) nous l'attestent pour le rachat des prisonniers de l'ennemi, pour les contributions publiques graves et extraordinaires, et même pour les amendes infligées à un gentil. Il n'est pas possible de déterminer avec certitude si cette obligation était plutôt morale que juridique, et si dans ce dernier cas elle pouvait même être réclamée par des tiers, comme apparaissait chez les Germains le devoir de contribuer au Wehrgeld ("*)• ^ ne sait pas, en un mot, si cette obligation contenait une obligation
(•••) SsRV. ad. ViBO. Eclog., IV , 48. In legibus Nunuu cautum est, ut si quU imprudens excidisset hominem pro capite oecisi agnatis (au lieu de et natis comme le porte le manuscrit , d'après l'heureuse conjecture de HuscHKS) ej%is in concUme offerret arietem,
(iM) Fb8TU8. Svbigere arietem in eodetn libro Antistiiu esse ait dare arietem, qui pro se agatur, caedatur. Cependant on n'est pas d'accord sur la destination de la victime, v. Reoi, deu R, Kriminalrecht , p. 403. L'opinion adoptée ici est celle de Ed. Platnbr. Quaest, de jure crimin,, p. 37. Le bélier apparaît encore ailleurs comme tenant la place du coupable, ▼. par exemple Abnob. adv. gent, Y , c. 21.
(^^^) Y, les preuves dans Waltzb, Râm. Rsehtsgeschichte , 3* édit., § 15, notes 28-30. Ce devoir se représente au reste aussi pour les clients et les tribules , voir par exemple Tnx-Livx, Y, 32: accitis trUndihus clientibusque quum responsum tulisset : se collaturos quanti damnatus esset, ih\d.XSXym,eO.
(131) Sous ce rapport le droit anglo-saxon est allé le plus loin de tous,
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éventaelle de garantie de la part de la cens. Mais on peut admettre pour certain, que c'était une question dlionneur pour la gens de ne pas abandonner ses membres tombés sans leur faute dans la misère, par exemple incarcérés pour dettes. En fait, il était indifférent qu'ils fussent prisonniers de Fennemi ou qu'ils languissent dans les prisons de Rome, attendant le moment d'être vendus irans Tiberim.
Le secours nécessaire était réuni soit au moyen de dons volontaires , soit au moyen d'un décret de la cens. H est probable que le patrimoine de la cens, dont il sera parlé plus tard, était aussi mis à contribution dans ce but.
Ce devoir d'assistance réciproque qu'on pourrait appeler une assurance mutuelle contre la misère et les injustices, doimait une prépondérance extraordinaire aux patriciens sur les plébéiens, et la raison de leur force de résistance invincible résidait peut-être autant dans cette confraternité juridique privée, que dans leur position politique dominante.
n est évident qu'à ce droit de l'individu vis-à-vis de la cens, devaient correspondre des restrictions et des devoirs qui lui étaient imposés à lui-même.
Tout ce qui concernait l'individu se rapportait à la gens : de même tout ce qui concernait celle-ci, intéressait directement l'individu. Les deux faces de ce rapport étaient des conséquences de la même idée fondamentale, et l'une était la condition de l'autre.
Le fond de ces restrictions, que nous devons maintenant apprendre à connaître, consiste dans le rapport de coordination de tous les gentils, qui entraîne des droits et des obligations réciproques. Je dois d'autant plus insister sur cette observation, que les apparences semblent la contredire, et que l'importance
car il tenait pour responsables du tiers, éventuellement même de la moitié du Wehrgeld, non-senlement les parents mais les j^€;^^an^ c'est-à-dire d'après l'expression excellente de Sybxlb , les remplaçants des anciens gentils.