I. PBnraPE de famille. — qentes
l)res de runion politique des races ; hors de là , il devait être concédé oa convenu , même pour les peuples issus de souches parentes.
Lorsque la famille est libre et mobile , la fortune peut Têtre aussi; lorsque mille liens enserrent la famille, il en est de même de la fortune. La constitution de la gentilité romaine ne pouvait se concilier avec la liberté de disposer de la fortune. Dans l'époque postérieure, cette liberté ne put s^établir que sur les ruines de la gentilité. Pour que IsLçens fût stable et ferme, il fallait qu'elle eût une base matérielle solide, il fallait qu'il y eût un certain lien assuré entre elle et les fortunes qu'elle renfermait, l^ous avons déjà vu que la police morale de h, gens était un moyen de prévenir la dilapidation des patrimoines, mais ce moyen n'avait qu'une efficacité restreinte . En effet, de quel secours pouvait-il être si un membre de la gens voulait passer avec toute sa fortune dans une autre gens , ou la donner par testament à des personnes étrangères ? Si cela avait été permis sans conditions , la gens aurait pu s'appauvrir ; car les charges des particuliers se seraient accrues d'autant, et la tentation de s'y soustraire en passant de l'une gens à l'autre , n'eût fait que grandir dans les mêmes proportions.
L'importance politique de la fortune a amené plusieurs auteurs à nier absolument la propriété privée du sol dans l'État antique, et à y substituer Yager'puhlicus ("•). La conclusion me paraît dangereuse et je crois qu'elle dépasse le but (*'^).
(<") Admettre sur cet ager publicus un droit d'usufruit héréditaire et aliénable, c'est introduire sous un autre nom la propriété privée que l'on prétend nier. Au fond ce droit aurait été tout aussi bien une propriété privée, que le droit sur les fonds provinciaux, qui en théorie étaient propriété de l'État ; et l'intérêt que la gentilité avait de se garantir contre la liberté d'aliéner entre vifs ou par testament était le même, et devait lui faire employer les moyens que nous expliquerons plus loin.
(*'*) HuscHKB l'a fort justement, à mon avis, désignée comme une erreur fondamentale de Niebuhb.