‹ L'esprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 2)Chapitre 68 sur 106 · I. PBINCIPE DE PAMILLE. •— L^ETAT · texte numérisé non relu

I. PBINCIPE DE PAMILLE. •— L^ETAT

dure civile et de la magistrature, de même que Tidée de protection juridique et publique se rattachent à la convention. La communauté politique elle-même a pour base la notion du contrat, et le droit international se résoud en contrats.

Il semble presque que le droit romain antique eût dû servir ici de preuve en faveur de la vérité de la théorie du droit naturel Bur rËtat. Au siècle dernier, à Fépoque où régnait le droit naturel, les considérations que nous venons d^établir auraient pu rencontrer un accueil favorable , mais aujourd'hui c'est précisément leur corrélation partielle avec les idées du droit naturel qui peut leur nuire. Cette corrélation n'est pas accidentelle. Le point de vue coutractuel est le degré le moins élevé que puisse occuper FÊtat lui-même , aussi bien que sa conception scientifique ; rien d'étonnant dès lors, que sur ce terrain le droit naturel et le droit romain le plus ancien se rencontrent. Mais de même qu'à Rome l'Ëtat sut, dans la suite des temps, s'élever €n pratique au-dessus de cette conception , de même aussi notre théorie actuelle de l'Ëtat l'a abandonnée. Cette considération ne doit pas cependant nous amener à méconnaître la justesse relative de ce point de vue : nous ne devons pas reporter à l'origine de l'Ëtat notre conception actuelle d'un Ëtat parvenu à la virilité. Ce serait imiter, en sens inverse, l'erreur de la doctrine du droit naturel qui généralise une idée qui ne convient qu'à la période de l'enfance de l'Ëtat. Si cette doctrine a commis Terreur d'affaiblir et de rabaisser l'Ëtat, nous courons, nous autres, le danger d'oubb'er, du haut de notre point de vue actuel, les bas-fonds et les profondeurs au travers desquels l'histoire a conduit l'Ëtat; nous sommes disposés à éluder entièrement la question de l'origine de l'Ëtat et du droit, & les regarder comme des institutions en quelque sorte sumaturellement placées dans le monde par Dieu lui-même, plutôt que de reconnaître qu'ils ont été faits, tout prosaïquement, par la main des hommes. Quelque peu de prose sévère ne pourra nuire au romantisme de nos idées historiques actuelles. C'est, assurément, rendre un plus digne hommage au Dieu que Ton cherche dans

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