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Trai , pir des câioonstaiioes impéricuBes , mais impoesîble à oamprendre si Tesprit idigieiiz tùi resté le même qa^aaparsTaat. Ces droonstaiioes impérieuses forent: FcttgneQ du dernier roi, la pnJBsanee et Topposition croissantes des plébéiens. La première de ces circonstances amena Tabcdition de la rqjauté.. (Tétait nne violation flagrante de la constitati<m établie, a peina Toilée sonsla continaation apparente de la rojaaté dans la personne dn rex taeriflcHbu. C'était sortent on précédent dangereux qœ désormais les plébéiens poo^aient ioToqoor en toatedroonstance ("**). La seconde amena one foole de ooncessioos, qoi forent aotant de transgressions do fat. Un people animé de sentiments Traiment religieox , eût préféré Toir les plébéiens s'éloigner de la Tille, oo leor eût résisté josqo'à la dernière extrémité, plotot qoe de leor accorder, par exemple, le eom nm Hum (***), oo de contracter des mariages arec eox, même après le leor avoir accordé, oo de les admettre ao consolât. Un peuple pareil n'eftt jamais radicalement aboli la royaoté , il serait resté dans les voies l^pales et aorait choisi on antre roi à la. place de Tarqoin , le roi expolsé.
Ce serait méconnaitre entièrement le caractère des patriciens^ qoe d'admettre qoe Tidée de l^inviolabilité religieose de la coustitotion, qo% opposaient si volontiers comme on boodiercontre les prétentions des plébéiens, eût déjà perdo son empire illimité sor les consciences. Si le droit public s'émancipa de la religion, si de bonne beore s'affidblit le principe religieox, la. fiiote doit en être impotée aox plébéiens. Leors revendications politiqoes et leors soccès devaient nécessairement amener ce résoltat C*'). Chaque défiiite des patriciens battait en brèche
(M») Comme cela leur srîts en eiet. Tm-LiVB, 17, c. 6.
p**) Le motif pour lequel il était prohibé, était : fuod nemo flèb^jur imtpieia haberet ideoque deeemmroê connuHum diremu$e, né me^rtaproUauipieia turbarenhtr»
P*') ScHwsoLn, Sôm, QuehidUe, I, 735 cite, ayec raison, oomme-
n. BEVUE EETE08PECTIVB. § 25 339
le principe religieux « chaque victoire des plébéiens était une victoire remportée sur l'idée de l'inviolabilité religieuse du droit public. La religiosité romaine en général souffrit gravement de ce que la religion eût pris dans la constitution antique une place trop prépondérante. Il en advint que les luttes politiques des partis vinrent toujours l'entamer profondément. Le spectacle de la religion abandonnant successivement toutes ses positions , ayant constamment le dessous , devait produire l'effet le plus défavorable sur le sentiment religieux des deux partis et leur donner la conviction que l'intérêt politique, à Rome , était plus puissant que l'intérêt religieux. Mais précisément, en délivrant violemment les patriciens des liens du principe religieux, les plébéiens leur rendirent un service inappréciable, ils les obligèrent à devenir Romains, comme eux.
Cette déchéance de la religion dans la constitution ne s'étendait pas plus loin que l'intérêt des plébéiens ne l'exigeait. Il lui resta dans les limites de la constitution une place importante, d'où elle put continuer à exercer une incontestable influence. Mais en réalité , l'autorité qui lui était laissée ne lui appartenait pas à elle-même ; elle résidait dans les mains de l'État. Les Romains avaient appris dans leurs luttes de parti , à subordonner la religion à l'intérêt politique, et leurs actes ultérieurs firent honneur à cet enseignement. La religion éprouva aussi l'effet du caractère romain : elle devint un simple moyen, car tel était le caractère romain, ainsi que nous l'avons vu , que tout ce qui existait et croissait sur le sol du monde romain, devait servir à son but. La religion , ayant perdu ses forces vives, sous les coups répétés qui lui avaient été portés , se soumit de bon gré et sans résistance; elle sut éviter par cette soumission toute occasion de conflit avec l'intérêt politique , et con-
exemple la constitation servienne» dans laquelle l'église n'était plus qu'an élément secondaire et accessoire, tandis que la constitiition patricienne antique était religieuse dans son principe même. Y. aussi p. 688 , /. c.
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serva ainsi une autorité et une indépendance apparentes. L^État romain se conformait, en toutes circonstances, à ses règles et à ses préceptes, il paraissait s^assujettir complètement à son autorité. Il n'y risquait rien d'ailleurs, car Tes préceptes de la religion étaient disposés au gré de TÊtat. L'autorité de la religion ne faisait que confirmer ce que TËtat lui-même voulait, de sorte qu*en fin de compte il obtenait le concours d'une alliée toujours puissante, sans faire, de son côté, aucun sacrifice essentiel (*").
Je veux essayer de prouver l'exactitude de ce que j'avance par l'examen des principales institutions et des principes religieux et politiques qui ont trait à notre matière ("'). Examinons
(»*) On pourrait me &ire cette objection : A quoi bon le concours de la religion, si, comme il vient d'être dit, elle était dépouillée de ses forces vives? Je pourrais répondre d'abord que la corrélation que j'ai admise entre la religion et la politique n'existait , sans doute» que pour les classes élevées de la population, les seules qui y eussent un intérêt pratique , et non pour la multitude. Gela est exact , comme on sait , pour l'époque de Cicéron : incrédulité en haut, superstition en bas I Mais il n'y a pas lieu d'avoir recours , pour l'époque antique, à cette supposition toujours triste; je pense, au contraire, que la nature humaine peut expliquer cette contradiction apparente. Lorsqu'on croit ce que l'on désire , et que la volonté dirige ainsi la foi, il paraîtrait qu'une foi pareille ne peut avoir aucune puissance sur nous, et cependant, combien cette puissance peut être grande ! Cette illusion est profondément enracinée dans la nature humaine, et le peuple romain, mieux qu'aucun autre, peut prouver jusqu'à quel point et avec quels effets elle peut exister chez un peuple tout entier. C'est un défaut de religiosité véritable et à sa place une superstition, qui, bien qu'elle n'aperçoive en règle générale que ce qu'elle aime, n'en exerce pas moins une grande influence sur le peuple. On voulait des manifestations surnaturelles, mais elles devaient être favorables. Dans la première guerre punique , P. Claudius fit jeter à la mer les poulets sacrés qui refusaient de fiiire le signe que l'on attendait d'eux. Ces signes étaient régulièrement conformes au désir, et cependant le courage de l'armée était excité lorsqu'elle apprenait que les signes étaient fiivorables.
(*'*) On trouvera beaucoup de bonnes observations dans Bbauvobt, La républ. rom,, I, c. Y.