‹ L'Ésprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 3)Chapitre 52 sur 179 · Représentation · texte numérisé non relu

Représentation

A mesure que se développent les relations, la nécessité de pouvoir se faire représenter par des tiers dans les actes juridiques, devient de plus en plus indispensable. Ce n'est qu'assez tard, paraît-il, que le droit romain s'est élevé jusqu'à la conception des formes qui satisfont à ce besoin à l'époque classique. La raison en est, que depuis les temps les plus anciens, ce droit possédait deux formes propres à réaliser le but de la représentation juridique, formes qui sont passées dans le droit nouveau. La première de ces formes consistait dans l'emploi de personnes sous puissance. Elle était basée sur ce principe que tout ce que ces personnes acquièrent, revient au détenteur de la puissance. C'était surtout des esclaves que Ton se servait. Cette utilité juridique qu'ils présentaient est très importante pour apprécier exactement leur position dans le monde romain. C'était une habitude prise chez les Romains de voir en leurs esclaves de simples instruments pour la conclusion d'actes juridiques. Un fait le démontre d'une manière frappante : lorsque le jeune âge du pupille mettait obstacle à la conclusion entre lui et le tuteur de la cautio rem joupilli salvam fore, les juristes autorisent le tuteur à lui acheter un esclave, et c'était ce dernier qui, à la place du pupille, contractait la cautio avec le tuteur (^^^).

Cette forme avait cependant le défaut de ne pouvoir s'étendre à la représentation en justice. Mais une deuxième forme (qui avait encore d'autres destinations) venait combler cette lacune. Un mandataire concluait l'affaire en son propre nom, puis il transférait au mandant les effets de son acte. Lorsque l'acte à conclure exigeait l'existence de certaines conditions qui n'existaient que dans le chef du mandant, et

(S^^) Si l'indigence du pupille empêchait de recourir à ce moyen, on s'adressait encore une fois au servus publiais ou à l'autorité. L. 2-4 Rem pup. (46-6), L. 1 § 15 de mag. conv. (27-8).

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