Transport des créances
La conception romaine attache indissolublement l'obligation à la personne du créancier et du débiteur. Un changement de personnes, tel qu'en contient la délégation, entraîne l'extinction de l'obligation antérieure, et en crée une nouvelle. Mais le consentement et la coopération du débiteur devant absolument intervenir pour opérer une délégation active, le transfert de l'obligation était chose difficile et incertaine sous cette forme. Ces conditions devaient disparaître devant les nécessités du mouvement commercial et pécuniaire d'une époque plus avancée. A la forme primitive, on le sait, succéda la cession. Il fallait chercher à transférer l'obligation, sans heurter le principe énoncé plus haut. Grâce à l'emploi de la représentation judiciaire, déjà autorisée à cette époque, on parvint à résoudre le problème. Le cessionnaire était investi de pleins pouvoirs pour intenter l'action [mandatim ad agendum); il dirigeait le procès à l'instar d'un procureur ordinaire; seulement il s'en réservait le produit [iwocxirator in rem suam).