TOME I
338 L. I, — T. II. — RAPP. DE l'eSPR. ROM. AVEC LES PRINCIPES
vrai , par dos circonstances impérieuses , mais impossible à comprendre si l'esprit religieux fût resté le même qu'auparavant. C es circonstances impérieuses furent : l'orgueil du dernier roi, la puissance et l'opposition croissantes des plébéiens. La première de ces circonstances amena l'abolition de la royauté. C'était une violation flagrante de la constitution établie, à peine voilée sous la continuation apparente de la royauté dans la personne du rcx sacri ftculus . C'était surtout un précédent dangereux que désormais les plébéiens pouvaient invoquer en toute circonstance (329). La seconde amena une foule de concessions, qui furent autant de transgressions du fas. Un peuple animé de sentiments vraiment religieux, eût préféré voir les plébéiens ^'éloigner de la ville , ou leur eût résisté jusqu'à la dernière extrémité , plutôt que de leur accorder, par exemple , le connu- Mum (330), ou de contracter des mariages avec eux , même après le leur avoir accordé, ou de les admettre au consulat. Un peuple pareil n'eût jamais radicalement aboli la royauté , il serait resté dans les voies légales et aurait choisi un autre roi à la place de Tarquin , le roi expulsé.
Ce serait méconnaître entièrement le caractère des patriciens que d'admettre que l'idée de l'inviolabilité religieuse de la constitution, qu'ils opposaient si volontiers comme un bouclier contre les prétentions des plébéiens, eût déjà perdu son empire illimité sur les consciences. Si le droit public s'émancipa de la religion , si de bonne heure s'affaiblit le principe religieux , la faute doit en être imputée aux plébéiens. Leurs revendications politiques et leurs succès devaient nécessairement amener ce résultat (33'). Chaque défaite des patriciens battait en brèche
(329) Comme cela leur arriva en effet. Tite-Live, IV, c. 6.
(33°) Le motif pour lequel il était prohibé , était : qaod nemo plebejus auspicia haberet ideoque decemviros connubium diremisse, ne incerta proie aus-picia turbarentur.
(331) Schwegler, Rom. Geschichte, I, 735 cite, avec raison, comme