‹ L'Ésprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 4)Chapitre 128 sur 136 · ESSET · texte numérisé non relu

ESSET

(342) V. les textes dans Härtung, L c, II, p. 271.

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romanus un endroit quelconque du champ de bataille, et le général y renouvelait les auspices (8*5). La victime promise par un vœu devait être livrée; mais Servius fait observer (3*4), qu'en fait de victimes l'apparence peut prendre la place de la réalité : lorsqu'il s'agit donc d'offrir en sacrifice des animaux difficiles à obtenir, on façonne leur image avec du pain ou de la cire; c'est cette image qui figure sur l'autel. Au lieu de cerfs, on sacrifiait des moutons, mais on leur donnait le nom de cerfs.

Le flamen dialis ne pouvait prêter serment, le magistrat devait prêter le serment professionnel : ces deux fonctions étaient donc incompatibles. Mais lorsque l'on élut comme édile un flamen dialis (345), (et le hasard voulut que ce fût précisément un homme qui par sa sévérité avait attiré l'attention universelle) (346), on se tira d'affaire en faisant prêter serment pour lui , par un représentant : le rigide défendeur du droit ecclésiastique ne se lit aucun scrupule de ce qu'un plébiscite eût expressément disposé , ce qui allait de soi du reste , qu'il serait censé avoir prêté serment lui-même, ce qui revenait à dire au fond que ce n'était point le serment qui lui était interdit , mais seulement l'acte de jurer. Les jours fériés devaient être sanctifiés, et la violation intentionnelle de ce commandement ne pouvait pas même être expiée ; mais la religion se plia aux nécessités pratiques , et l'on permit de faire les travaux nécessaires, même pendant les jours fériés (347).

Au lieu de continuer ainsi à accumuler des exemples (348), il sera plus instructif d'examiner une théorie complète du droit ecclésiastique, qui avait pour l'État une importance majeure :

(343) V. les textes dans Rubino , l. c, p. 89. (3«) Ad Aen. II, 116, Härtung, l. c, I, p. 160. p«) An 552 av. J. C. TiTE-Live, XXXI, 50. (346) Tite-Live, XXVII, 8.

(3il) Härtung, l. c'., I, p. 188. Macrobe, Sat. I, 16 : Scaevola considtus, quid feriis agi liceret respondit, quod praetermissum noceret. (3*8) V. en d'autres dans Danz, l. c, p. 238 s.

n. REVUE EÉTEOSPECTIVE. § 25

celle des auspices et des signes (349). C'était un besoin du sentiment religieux , d'obtenir le consentement des dieux pour toute action de quelque importance. Le ciel et les oiseaux étaient, pour l'âme croyante, les messagers de la volonté divine. Dans la suite on connut une foule d'autres présages , la façon dont mangeaient les poulets sacrés, les entrailles des victimes sacrifiées, etc., et la crédulité s'appliqua même à donner un sens favorable ou défavorable aux actions des hommes, aux malheurs ordinaires, aux noms, etc.

La subtilité des Romains ne manqua pas de se déployer aussi dans cette matière. La doctrine des présages était disposée de telle façon que ce n'était pas l'homme qui dépendait des signes, mais les signes qui dépendaient de l'homme.

Il faut distinguer les auspices proprement dits , qui devaient être observés et interprêtés d'après les règles de l'art , des signes simples qui se manifestaient deux-mêmes. En ce qui concerne ces derniers , on enseignait (350), que leur interprétation était entièrement entre les mains de celui qui les avait observés ; il

(349) Quelqu'important que soit le rôle que les auspices, les présages, etc., jouèrent à Rome même dans la vie privée , il est cependant très caractéristique que nous ne puissions signaler la plus petite trace de leur influence, dans le droit romain privé. On a fait, il est vrai , dans un écrit récent, la tentative aventureuse de revendiquer cette influence pour Vomen, mais les idées superstitieuses du peuple se heurtaient sans succès contre la théorie du droit. La manière dont le droit traite le serment est une preuve frappante de la barrière invincible que le droit privé savait opposer à toute idée qui lui était étrangère. Le serment promissoire était légalement sans aucun effet. (Comp, pour le contraste le droit canon sur cette matière), le serment assertoire n'était regardé que comme une transaction, sa vérité ou sa fausseté était indifférente ; contemta jurisjurandi religio satis deum habet ultorem. (L. 2 , Cod. de reb. cred., 4-1).

(350) Härtung , l. c, I , p. 101. Servius ad Aen., I, 530 , nam nostri arbitrii est, visa omina vel improbare vel recipere. Plin., Hist. N., XXVIII, 4, ajoute : quo munere divinae indulgentiae majus nullum est.

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pouvait los accepter (accipio omen)y ou les refuser (ad me non pertinet), il pouvait même changer leur destination, (331) leur signification. Si au moment même où il les observait, il savait substituer une signification favorable opportune, au sens défavorable qui s'imposait à première vue, l'effet du présage était conjuré, la menace apparente se changeait en promesse (332). Un signe défavorable qui échappait à l'attention restait non avenu ; aussi avait-on l'habitude , pendant les sacrifices , de se voiler la face pour ne voir aucun signe, et pendant les prières solennelles et la lecture des formules du serment, etc., on faisait intervenir un joueur de flûte, afin de défendre même les oreilles (355).

Il en était exactement de même des auspices proprement dits. La discipline augurale était sévère , rigide même , en ce qui concernait l'observation rigoureuse des formes , mais celui qui observait fidèlement les formes pouvait obtenir tout ce qu'il voulait (3;u). Quel précieux secours devait offrir cette rigueur qui , pour la plus petite erreur de forme , annulait l'acte tout entier ! Comme elle devait être utile pour infirmer après coup les actes politiques obtenus par surprise, par exemple l'élection par le peuple d'un fonctionnaire indigne (353). Mais aussi

(351) On pouvait par ruse , ou par fraude même, s'approprier un présage échu à un autre. Je rappellerai la fraude du prêtre de Diane , dont parle Tite-Live, I, 45, et une autre tentative semblable, éventée par la prudence de l'autre partie, dont parle Pline, Hist. Natur., XX VIII , 4 r (... transiturum fuisse FATUM in Etruriam nisi praemoniti. . . legati Romani respondissent , etc.).

(352) Härtung , I.e., p. 101 , cite , entre autres, l'exemple très connu de César qui , débarquant sur la côte d'Afrique , fit une chute et se relevant aussitôt , s'écria : maintenant je te tiens , Afrique.

(353) Plin., Hist. Nat., lib. XXVIII, c. 3 ... Tibicinem canere , ne quid aliud exaudiatur.

(354) Cic. de nat. deor. II, 3, § 9 : Veritas auspiciorum spreta est, species tantum (la simple apparence) retenta.

(355) Nous en avons déjà vu des exemples. V. note 336.

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