‹ L'Ésprit du droit romain dans les diverses phases de son développement (volume 4)Chapitre 29 sur 136 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

Le second usage avait un caractère religieux. Là où les hommes vivent de rapine, et voient dans la rapine la base delà propriété , les dieux aussi doivent se procurer leurs serviteurs par le môme moyen. C'est ainsi, en effet, que les vestales (20) et le flamen clialis étaient enlevés (capiuntur). Étaient-ils les seuls ? Et , le cas échéant , pourquoi étaient-ils les seuls ? C'est ce que nous ignorons.

Le symbole de la propriété était la lance. Une lance plantée dans le sol annonçait à Rome tous les actes publics qui avaient rapport à la propriété. Il en était ainsi, par exemple, devant le tribunal des centumvirs , qui connaissait principalement de la véritable propriété romaine ; il en était encore ainsi dans les ventes publiques (sub hasta vendere) (21).

Le mot subhast ation , qui a passé dans le langage judiciaire de nos jours, prend sa source dans cet usage. Dans l'affranchissement des esclaves devant le Préteur, apparaît également la lance, remplacée plus tard par un bâton, en langage officiel : vindicta. Mais cela nous conduit à la vindicatio , dont nous n'aurons à nous occuper que plus loin. Le cérémonial des noces comportait aussi la lance. Il était d'usage , pendant la cérémonie du mariage , que le futur époux parta geât la chevelure de la future au moyen d'une lance , coelibaris hasta (22). Festus , qui nous a conservé ce renseignement , donne entre autres explications , que la lance est le signe le plus élevé de la puissance (« summa armorum et imperii »). Cet acte aurait été ainsi le symbole de l'entière soumission de la femme à la puissance de son mari. Cependant, d'après de nouvelles recherches, il

(20) Gell. I. 12 § 13 : Pontificis maximi manu prehensa ab eo parente , in cujus potestate est, veluti bello capta abducitur.

(21) C'est ainsi que le mot hasta tout seul, servait encore, plus tard, à désigner les ventes à l'encan , par exemple : fiscalis hastae fides. Ce mot était aussi employé pour les locations publiques , Tite-Live , XXXIX, 44 : Sùbmotis ab hasta.

(22) V. Festus , sub hac voce.

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