‹ L'esprit du droit romain dans les diverses phases de son développementChapitre 58 sur 61 · CHAP. III. — C. IMPORT. HIST. BU SYST. DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

CHAP. III. — C. IMPORT. HIST. BU SYST. DE LA LIBERTÉ

à la place de l'esprit libre qui ne se laissait pas conjurer, se présentèrent partout la loi et la coercition. Aussi celui qui veut juger du système de liberté de l'époque ancienne, celui qui veut comprendre le sens et le but de ses institutions, ne peut un seul instant perdre de vue l'antique moralité et le génie de toute l'époque. Vusage antique est la clef indispensable de l'intelligence du droit antique ; si ce dernier nous montre la liberté abstraite, le premier nous fait voir la restriction de la liberté par elle-même, et cette restriction était la condition implicite du droit tout entier.

Tacite a loué les Germains anciens parce que chez eux l'usage avait plus de force que n'en avaient ailleurs les lois. Nous pouvons revendiquer le môme éloge pour les Romains anciens ; — ils étaient eux-mêmes des lois vivantes, et pouvaient dès lors se passer de lois sur beaucoup de points. Le droit ancien ne doit redouter aucune comparaison, en fait de moralité; mais il ne faut pas oublier que la liberté ancienne, entourée de toutes les précautions que lui avaient imposées les circonstances matérielles qu'elle trouvait établies à Rome, ne peut être comprise que par l'aspect des réalités de la vie. Celui qui s'en tient rigoureusement à ce point de vue ne recherchera pas vainement l'esprit moral des institutions antiques de Rome, tandis que cet esprit restera toujours caché à celui qui tenterait cette étude sans connaître les sources et sans examiner la vie des Romains, leurs idées et leurs sentiments.

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