RAPPORT ENTRE LES SENS ET LES MOUVEMENTS
de fermeture s’exécute avec une certaine énergie, qui dépend de la grosseur du muscle, et d'autres circonstances encore. Les grands muscles de la partie antérieure de la cuisse sont disposés de manière à redresser la jambe lorsqu’elle est pliée au genou. Les mouvements si variés de la main de l'homme exigent un nombre correspondant de muscles. Le corps humain contient de quatre à cinq cents muscles .
Considérons maintenant les rapports mutuels de ces deux séries d'organes, organes des sens et organes du mouvement. Pour déterminer une sensation, il faut que quelque chose vienne agir sur un organe de sens; et, pour déterminer uri mouvement, il faut que quelque chose vienne agir sur un organe de mouvement ou muscle. Les organes des deux espèces sont, par eux-mêmes, inertes ou quiescents. Ce qui vient stimuler les organes des sens est généralement visible; c’est un corps solide qui touche la peau, un morceau mis dans la bouche, un parfum que l’on approche des narines, et ainsi de suite. Les stimulants des organes moteurs sont moins visibles : ils viennent de l’intérieur.
Nous sommes familiarisés avec un grand nombre de circonstances dans lesquelles le stimulant d’un sens semble être également le stimulant d’un mouvement. Une lumière qui apparaît brusquement , nous fait retourner pour la regarder. Un morceau placé sur la langue détermine tous les mouvements de la mastication. Examinons les faits plus attentivement. Ma main est au repos, appuyée sur la table; un objet quelconque, comme une mouche ou une plume, vient la toucher légèrement; une activité
subite se manifeste dans certains muscles , et la main s’écarte. Supposons un instant que ces deux faits soient une cause et un effet éloignés; que le léger contact soit la cause, et que le mouvement soit l’effet; que pouvonsnous admettre comme anneaux intermédiaires ? A moins qu’il n’y ait là une action absolument exceptionnelle, il doit y avoir une voie de communication entre la peau de la main et le groupe des muscles de l’épaule, du bras, et de l’avant-bras, qui se réunissent pour écarter la main. Si nous supposons que dix muscles agissent ensemble, il faut qu’il y ait un lil de communication partant d’un point quelconque de la peau de la main et se ramifiant de manière à aller à ces dix muscles. Si le même fait se produisait pour le pied, la partie mise en mouvement serait la jambe, ce qui prouve l’existence de lignes de communication entre la peau du pied ou de la jambe et les muscles de la hanche, de la cuisse et de la jambe, muscles dont un certain groupe agit à la fois pour produire un effet unique, celui du mouvement du pied.
Supposons maintenant que ce ne soit plus un léger contact qui se produise, mais que la main soit pincée avec force au même endroit. L’exemple précédent vient de nous démontrer l’existence de lignes de communication entre la peau de la main et un groupe de muscles de l’épaule et du bras, de sorte que nous nous attendons à une manifestation semblable, peut-être plus violente. Sur ce dernier point nous ne nous sommes pas trompés : le même groupe de muscles semble s’éveiller et agir avec plus d’énergie; le mouvement de la main est bien plus vif. Mais ce n’est pas tout. Les mouvements du bras sont accompagnés de beaucoup d’autres : l’autre bras, les