‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relationsChapitre 39 sur 137 · GROUPES MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

GROUPES MUSCULAIRES

inents définis de la langue et de la mâchoire. Ce sont là des groupements assez compliqués. Une image visible, avec la connaissance de l’objet qui nous est présenté, comme, par exemple, celle d’un morceau de sucre, et une sensation ou un désir fondé sur un souvenir du passé, se réunissent pour produire une situation définie ; et cette situation est nécessairement suivie d’un mouvement de préhension, puis d’un mouvement de la main vers la bouche ; à ceux-ci succèdent une série de mouvements de la bouche elle-même. L’exercice des facultés volontaires est une répétition multipliée du même fait : c’est toujours une situation définie suivie d’un groupe ou d’une série définie de mouvements.

2° Les groupes musculaires, qui servent à reconnaître la résistance, la grandeur, la forme et les propriétés analogues. Leur appareil se trouve dans la main, le bras et les organes de locomotion en général, et dans les centres nerveux de courants moteurs qui s’y rattachent. Sans les sens spéciaux, tels que la vue, leurs indications sont très- vagues, ce qui montre que l’appareil nerveux destiné aux mouvements n’est pas considérable. Néanmoins, nous pouvons, à l'aide des muscles seuls, discerner les degrés de force; pour chaque degré appréciable, il doit y avoir un fil nerveux défini et distinct ; et à chaque association avec chaque degré spécial, doit correspondre un groupe nerveux particulier, dégagé de tous les autres. A chaque poids que nous pouvons distinguer d’un autre, nous associons quelque idée séparée ; par exemple, celle d’une action à accomplir lorsque nous sentons ce poids, comme lorsque nous assortissons d’après leur poids des objets lourds et des objets légers.

Les groupes des muscles de l’œil qui correspondent à des mouvements et à des formes visibles sont extrêmement nombreux. Ils se retrouvent dans nos idées les plus élevées d'images et de dispositions visibles. Un cercle est une série de mouvements de l'œil, avec une marche et un groupement définis; pour cet effet seul, il faut des centaines de courants produits dans des fibres et des cellules différentes.

Les groupes du larynx, de la langue et de la bouche, pour la production des sons, et surtout pour la production des sons articulés,- sont en très-grand nombre. Et, de même que pour chaque forme simple visible à l’œil, de même aussi pour chaque son articulé, — pour chaque lettre de l’alphabet, — il y a une série complexe de situations, graduée et organisée dans les centres correspondants, soit purement moteurs, soit moteurs et sensitifs réunis.

3” Bien qu’il convienne de regarder les groupes musculaires comme formant une partie distincte de notre appareil intellectuel, ils sont, en réalité, toujours unis aux sens spéciaux ; et la délicatesse de discernement est bien plus grande avec les sens purs et proprement dits qu'avec les muscles seuls. Par sens purs, nous entendons le toucher, sans effort ni pression ; le goût, l’odorat, l’ouïe, la vue. Pour chaque sensation séparée, nous devons admettre l’existence d'un groupe de courants distinct et caractéristique, agissant sur un groupe séparé de fibres et de cellules, et susceptible de s’unir à tout mouvement défini ou à toute autre sensation définie. Or, même pour les sens inférieurs, les degrés de séparation sont nombreux : le goût et l’odorat en admettent probablement plusieurs

Page 1