SAINT THOMAS D’AQUIN
lité. L’âme n’est pas présente dans chaque partie comme un tout dans un sens quantitatif, ni dans l’ensemble de ses facultés. Cette présence comme un tout dans chaque partie, doit s'entendre dans le sens de la présence de sa nature et de son essence tout entière.
Lorsqu’il étudie les facultés de l’âme, saint Thomas admet qu’elles ne restent pas toutes quand l’âme est séparée du corps. Certaines facultés se rattachent à l’âme seule, telles que l’intelligence et la volonté ; elles subsistent dans l’âme séparée du corps. D’autres sont jointes au corps, telles que la faculté sensitive et la faculté nutritive ; elles disparaissent au point de vue de l’action effective, en même temps que leurs organes corporels, quoiqu’elles restent encore en puissance dans l’âme. Aristote divise l’intelligence en intelligence active, théorisante ou reproductive ( intellectus ayens), et intelligence passive ou réceptive ( intellectus paticns). Il faut une intelligence active pour que les formes des objets matériels, qui sont mêlées à la matière, soient rendues actuellement intelligibles. Cette intelligence active appartient à l’âme ; car, quoique nous puissions supposer (selon les idées platoniciennes) une intelligence supérieure et séparée, de laquelle participe l’intelligence de l’homme, — ce que saint Thomas admet dans un sens, puisque la Divinité est pour lui une intelligence semblable — cependant il nous faut supposer que cette participation donne à l’intelligence humaine la faculté de séparer l’universel du particulier; ce qui revient à admettre l’exercice d’une intelligence active au dedans de l’âme.
Le tableau suivant montre la différence entre la théorie
d’Aristote et celle de saint Thomas. Les lignes pleines représentent la substance matérielle, et les lignes pointillées la substance immatérielle. Voici la théorie d’Aristote :
. A. A me des plantes.
sans conscience.
B. Ame animale.
... Corps et esprit inséparables.