DUGALD STEWART
mun avec l’immortalité de l’âme, et appuie sa croyance exclusivement sur les témoignages d’une résurrection générale contenus dans l’Écriture.
Tel est le résumé du plaidoyer certainement le plus habile que nous ait légué le siècle dernier en faveur de la doctrine de l'unité de substance. Cette doctrine compta de nombreux partisans à la ün du dix-huitième siècle et au commencement du dix-neuvième. Le célèbre Robert Hall fut. pendant bien des années, un matérialiste de l’école de Priestley ; et la manière dont il changea de sentiment peut difficilement être considérée comme une réfutation de cette doctrine. Il nous dit, en parlant de lui-même, « qu'il enterra son matérialisme dans la tombe de son père. »
Si nous passons au dix-neuvième siècle, nous pouvons prendre Dugald Stewart comme représentant d’une manière satisfaisante les métaphysiciens de ce siècle. Il fait profession de repousser le matérialisme ; mais lorsque nous examinons ce qu'il entend par là, nous voyons qu’il veut dire en réalité la confusion de l’esprit et de la matière en un seul phénomène, en un ensemble de propriétés — les propriétés matérielles; comme dans ces mots échappés à Hume, « cette petite agitation du cerveau que nous appelons la pensée; » car, bien qu’une agitation du cerveau accompagne la pensée, cette agitation n’est pas eilemême la pensée *. Steward dit que « quoique nous ayons
1. Il est rare de trouver chez les modernes des exemples de matérialisme avec substance unique, ou de double matérialisme, si ce n’est lorsque quelque expression leur échappe par mégarde. Robert Hooke (cité par Reid, « Intellect ual powers > , Essai II, chap. IX) se
les preuves les plus fortes qu’il y a en nous un principe pensant et sensible essentiellement distinct de la matière, cependant nous n’avons aucune preuve directe de la possibilité pour ce principe d'exercer ses diverses facultés séparément du corps. Au contraire , l’union des deux principes, tant qu’elle subsiste, est évidemment de la nature la plus intime. » Et le philosophe poursuit en citant quelques-uns des faits qui montrent la dépendance de l’esprit par rapport au corps. Il ajoute que le philosophe doit s’occuper de constater « les lois qui règlent l’union des deux substances, sans chercher à expliquer de quelle manière elles sont unies. »
Le professeur Ferriek, qui dans ses « Institutes of Metaphysics » a exposé, avec une nomenclature qui lui est particulière, l’opposition entre l’esprit et la matière, traite avec un dédain assez prononcé le lieu commun du spiritualisme. Voici comment il s’exprime :
« C’est en vain que les spiritualistes cherchent un argument en faveur de l’existence d’une substance immatérielle distincte, dans la prétendue impossibilité pour les
laisse aller à une profession de foi matérialiste assez semblable à celle de quelques philosophes anciens. « Dans ses leçons sur la lumière, il présente les idées comme des substances matérielles, et admet que le cerveau est muni d'une espèce de matière particulière pour fabriquer les idées de chaque sens. Les idées de vue sont, selon lui, formées d'une espèce de matière qui ressemble à la pierre de Bologne, ou à une sorte de phosphore.
Un matérialisme du même genre se trouve dans la Zoonoms de Darsvin, dans laquelle Mill signale les eipressions suivantes (Logique, Erreurs, chap. III, § 8) : — Le mot idée « est défini comme étant une contraction, un mouvement ou une configuration des fibres qui constituent l'organe sensitif immédiat ; » et ailleurs : « Nos idées sont des mouvements animaux de l'organe sensitif. >