‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relationsChapitre 84 sur 137 · L’EXPLICATION · texte numérisé non relu

L’EXPLICATION

vée ; alors est complété tout ce que l’esprit peut faire, ce qu’il peut désirer avec intelligence.

Ainsi, lorsque Newton eut généralisé la pesanteur, en assimilant l’attraction terrestre qui se manifeste par la chute des corps , à l’attraction céleste du soleil et des planètes, et lorsque, par une présomption légitime, la même puissance eut été étendue aux étoiles les plus éloignées; lorsque aussi la loi eut été déterminée, de sorte que les mouvements des différents corps pussent être calculés et prédits, il ne resta plus rien à faire ; l’explication était épuisée. A moins que nous ne découvrions quelque autre force à assimiler à la pesanteur, de manière à faire des deux une unité encore plus générale, il faut en rester à la pesanteur comme au dernier point accessible à nos facultés. Il n’y a point de modification où de substitution concevable qui puisse rendre notre position meilleure. Avant Newton, la force qui retient la lune et les planètes dans leurs orbites était un mystère; l’assimilation des planètes aux corps qui tombent a donné la solution de ce mystère. Mais, me dira-t-on, la pesanteur elle-même n’est-elle pas un mystère? Nous répondons que non : la pesanteur a passé par toutes les phases d’explication légitime et possible; de tous les faits physiques c’est celui qui a reçu la plus grande généralisation, et aucune transformation imaginable ne pourrait la rendre plus intelligible qu’elle ne l’est. Elle est singulièrement facile à comprendre; la loi en est connue avec exactitude; et, sauf les détails du calcul, dans ses parties les plus compliquées, il n’y a rien dont on puisse se plaindre, rien à rectifier, rien que l’on puisse prétendre ignorer ; c’est le vrai modèle, la perfection de la connaissance. Depuis les

ERREURS COURANTES SUR L’ESPRIT

temps modernes, la science marche vers la généralité, et sa route devient de plus en plus large, jusqu’à ce que nous arrivions aux lois les plus élevées, les pluâ larges de chaque ordre de faits; là, l’explication est terminée, le mystère finit et nous avons la vision parfaite.

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