‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relations: suivis d'études sur lesChapitre 100 sur 157 · LES SENTIMENTS BASE DE L'IMAGINATION · texte numérisé non relu

LES SENTIMENTS BASE DE L'IMAGINATION

unis à des facultés intellectuelles égales, ils éclataient en images puissantes i.

Les Orientaux se distinguent presque tous par la vivacité de leur imagination. Leur religion, leur morale, leur poésie et leur science en fournissent de nombreux témoignages. Il faut en chercher Fexplication dans l'énergie de leurs sentiments, unie à une certaine force intellectuelle* La même intelligence, sans les sentiments, aurait donné des résultats bien différents. Les Chinois seuls font exception. Ils manquent de sentiment et d'imagination. Ils sont inférieurs aux Européens à cet égard. Quand nous leur exposons les sujets où nous avons mis de l'imagination, notre manière de comprendre la religion, adaptée à notre tempérament particulier, nous ne faisons sur eux aucune impression. A nos mystères augustes ils répondent, non par un sentiment de respect, mais par une froide analyse.

On compare souvent l'un à l'autre le Celte et le Saxon

1. L'intensité de Is passion se rérèle dans les portrait» que font d'eux-mêmes les hommes d'imagination. Nous ne citerons pas les exemples trop connus de Wordsworth, de Shelley ou de Burns; mais nous rappellerons un chapitre remarquable de la vie du fameux prédicateur écossais, Thomas Chalmers. Le seul titre du chapitre nous suffit. Ce chapitre, qui se rapporte à sa première jeunesse, est ainsi intitulé par l'auteur : « Une année d'Elysée intellectuel. » C'est tandis que l*on vit à une température égale à la chaleur blanche, que toutes les pensées et toutes les conceptions prennent un caractère élevé et hyperbolique; Texpression de ces pensées, au moment même ou plus tard, est l'imagination de l'orateur ou du poète.

L'étendue de l'erreur que nous combattons s'explique peut-être par ce fait, que l'imagination chez un homme est une cause de sentiment chez les autres. Wordsworth, par les couleurs de son imagition, a réveillé le sentiment de la nature chez un grand nombre de ceux qui visitent la région des lacs. Mais c'est là une chose bien différente. Nous accorderons aussi que le poète ajoute à l'intensité de ses propres sentiments en les personnifiant dans ses créations.

au point de vue de Timagination; c'est au point de vue

du sentiment qu'il faudrait les étudier d'abord.

IL — Volonté.

Examinons maintenant quelques-unes des difficultés et des erreurs qui se rapportent à la volonté. Ici se présentent les questions si souvent discutées du libre arbitre, de la responsabilité, de la capacité et de l'incapacité morales. Nous commençons maintenant à soupçonner qu'elles nous ont parfois égarés dans un labyrinthe construit par nous-mêmes.

I. Parlons d'abord d'une erreur qui a une certaine analogie avec quelques-unes des erreurs que nous venons d'étudier au sujet des sentiments. Lorsque nous parlons à des hommes pour stimuler leur activité, nous estimons souvent trop bas les efforts de volonté grands et énergiques. Pour la volonté, de même que pour le tempérament gai, nous trouvons une certaine faculté constitutionnelle, une certaine force de caractère naturelle, dont les bases physiques sont le cerveau, les muscles, et d'autres tissus; et ni la persuasion, ni même l'éducation îie peuvent très-sensiblement modifier ce caractère. Sïl y a quelque chose dans les observations phrénologiques, c'est le lien qui existe entre la résolution énergique et le volume du cerveau. Mettez la main d'abord sur la tête d'un homme énergique, puis sur celle d'un homme irrésolu, et vous constaterez une différence qu'aucune explication ne saurait faire disparaître. Or, toutes les forces de la persuasion et de l'éducation combinées ne peuvent

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