‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relations: suivis d'études sur lesChapitre 20 sur 157 · ÉQUIVALENTS DE SENSATION · texte numérisé non relu

ÉQUIVALENTS DE SENSATION

nous offre la contre-partie exacte de ce phénomène; c'est à sa naissance que chacune de nos sensations ou de nos émotions a le plus de vivacité ; au bout de quelque temps, elle s'affaiblit, puis finit par s'épuiser tellement que, si le stimulant persiste, il ne produit plus aucun effet. Les exceptions apparentes, et les différences de degré ne font que confirmer la règle. Une des conditions nécessaires pour qu'une sensation se prolonge, c'est qu'auparavant elle ait été longtemps suspendue ; pendant cette inaction prolongée, les nerfs et les centres ont repris une vigueur plus qu'ordinaire, grâce à un afflux constant de nourriture sans aucune dépense de force.

Nous savons tous que, sous l'influence des agents extérieurs, tels que la chaleur et la nourriture, la sensation s'accroît en même temps que le stimulant, jusqu'à ce que nous arrivions au point où l'action change de caractère, un excès de chaleur détruisant les tissus, et un excès de nourriture empêchant la digestion. Il existe, quoique nous ne puissions le déterminer avec une rigueur mathématique, un équivalent sensationnelle chaleur, de nourriture, d'exercice des muscles, de son, de lumière ; il y a un changement de sensation bien défini, un accroissement uniforme de plaisir ou de souffrance, qui correspond à un accroissement de température de lO», 20» ou S0°. De même pour chaque genre d'influence : il y a un équivalent sensationnel pour l'alcool, les odeurs, la musique, la vue.

C'est ce rapport défini entre les agents extérieurs et les sensations humaines, qui fait que l'on peut discuter les intérêts humains au point de vue objectif, le seul qui nous

soit accessible. Nous ne pouvons lire dans l'esprit de nos semblables; nous présumons simplement que les mêmes agents doivent agir sur tous à peu près de la même façon. C'est ainsi que nous mesurons la fortune et le bonheur des hommes d'après la quantité numérique de certains agents, tels que l'argent, et d'après l'absence ou la petite quantité de certains autres, tels que les causes de douleur, et celles qui nuisent à la vitalité. Et si cette appréciation est un peu grossière, cela ne vient pas de ce que Féquivalent sensationnel est mal défini, mais bien plutôt des complications de l'être humain, et surtout de la limite étroite qui sépare l'un de l'autre le degré salutaire et le degré nuisible de tous les stimulants.

Le terme le plus simple par lequel nous puissions désigner un état de l'esprit, est celui de choc; ce mot s'applique également bien au corps et à l'esprit. Une stimulation brusque de l'œil, de l'oreille, de la peau, du nez, reçoit le nom de choc, si on la considère simplement au point de vue extérieur ou physique ; elle s'appelle encore choc, au point de vue de l'esprit, non parce que la perception de Tesprit ressemble à un objet matériel agissant sur une surface sensible, comme le bruit d'une sonnette, mais parce qu'il y a passage rapide du repos à Texcitation ; en cela il y a analogie exacte entre les phénomènes du corps et ceux de l'esprit, si distincts sous tous les autres rapports- Nos différents genres de sensation montrent plus d'un rapport curieux entre le corps et l'esprit. Nous allons choisir quelques-uns des rapports les plus saillants. Considérons d'abord ce que nous apprend Texpérience ordinaire des maladies qu'accompagnent] généralement

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