RELATIVITÉ PHYSIQUE
ment, le désir incessant de richesses et de connaissances nouvelles, que nous pouvons constater autour de nous, attestent l'existence et la puissance de la loi de relativité dans tout ce qui contribue à nos jouissances. Cette loi neutralise jusqu*à un certain point une partie des avantages d'une fortune supérieure, et même le sentiment de cette supériorité; mais elle n'atteint pas l'autre partie, c'est-à-dire l'étendue , la variété et l'alternation des plaisirs.
Il n'entre pas dans le cadre de cet ouvrage de montrer comment le principe de relativité intervient dans tous les beaux-arts sous le nom de contraste; comment il exige, dans les sciences et dans toutes nos connaissances, que chaque idée, chaque proposition réelle ait son opposé également réel aussi : droit — courbe; mouvement — repos; esprit — matière étendue, ou espace étendu; comment, en un mot, la connaissance n'est jamais simple, mais toujours double ou à deux faces, quoique l'on ne parle pas toujours de ces deux faces. Nous devons nous contenter ici de ces exemples rapides du principe luimême, pour nous occuper maintenant de sa contre-partie physique.
Voyons en second lieu comment ce principe s'applique au corps.
Le grand point ici est d'arriver à comprendre par quelle disposition de Torganisme une action continue cesse de produire la quantité et le genre d'action nerveuse nécessaire pour que nous en ayons conscience.
Il est un fait que nous avons déjà indiqué au sujet de l'action nerveuse : les fibres nerveuses et les corpuscules,
A. Bain. *
50 L'ESPRIT ET LE œRPS
soumis à une stimulation, subissent uu changement qui épuise peu à peu leur puissance^ et par suite duquel ils ont besoin d'un intervalle de repos. Cest pour cela que les premiers moments d une sensation sont toujours les plus vifs, et produisent l'impression la plus forte. Cette condition est surtout indispensable aux impresâons de plaisir : il faut que le système nerveux se refasse et reprenne des forces par la nourriture et le repos, et que dans aucune partie du corps il ne soit poussé jusqu'aux limites extrêmes de Tépuisement. La même règle s'applique à notre puissance active dans toutes ses branches, soit qu'il s agisse de l'intelligence, de la volonté ou des émotions. Cette puissance est au maximum lorsque les nerfs rentrent en action après s'être, pour ainsi dire, renouvelés; elle faiblit à mesure que nous approchons du point d épuisement, n y a certains faits exceptionnels que nous connaissons tous, tels que celui de s'échauffer à l'ouvrage : le maximum d'énergie se manifeste d'ordinaire quelque temps après que l'on a commencé, ce qui est un efifet dû uniquement à l'afflux de sang plus énergique qui suit un certain exercice.
Ce fait a la plus grande importance pratique, et peut être rapproché de quelques autres faits dépendant de la loi de relativité ou de changement d'impression ; mais il ne suffit pas à rendre entièrement compte de cette loi. Il reste encore à expliquer deux circonstances.
La première est le rapport qui existe entre l'intensité de l'hnpression et le degré de la transition^ comme[lorsque Ton passe d'une température à une autre, ou d'un degré