‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relations: suivis d'études sur lesChapitre 67 sur 157 · FAITS MORAUX ET FAITS PHYSIQUES · texte numérisé non relu

FAITS MORAUX ET FAITS PHYSIQUES

alliance, mais elles n'en sont pas le motif primitif. La résolution que nous formons d'agir sur d'autres esprits, est déjà un fait physique en même temps qu'un fait moral; nous n'ajoutons rien à son caractère physique lorsque nous mettons cette résolution à exécution.

Si tous les faits moraux sont en même temps des faits physiques, on nous demandera peut-être ce que signifie un fait moral proprement dit. Y a-t-il une différence quelconque entre les agents moraux et les agents physiques? Il y en a une très-grande, qu'il est facile de faire comprendre. Quand un homme est réjoui, excité, animé par la nourriture, le vin ou un air fortifiant, nous disons qu'il y a là une influence physique; elle agit sur les viscères, et, par leur intermédiaire, sur les nerfs; il y a là une chaîne d'actions purement physiques. Quand un homme est réjoui par une bonne nouvelle, par un spectacle agréable, ou par quelque succès, l'influence est morale; la sensation, la pensée et la conscience font partie de la chaîne, quoiqu'elles ne puissent se passer de leur base physique. Le fait physique proprement dit est un fait objectif, simple, à une seule face; le fait moral est un fait à deux faces, et l'une de ces faces est une suite de sentiments, de pensées, ou d'autres éléments subjectifs. Nous ne représentons pas complètement le fait moral, si nous ne tenons pas compte des deux faces. Les influences que nous appelons morales, — une bonne nouvelle, un beau poëme, et autres semblables — ne peuvent agir que sur un organisme matériellement disposé à répondre à la stimulation.

Tout en admettant qu'il y a quelque chose d'unique,

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