AME NUTRITIVE ET AME 8ENSITIVE
Il nous faut donc partir de Tâme nutritive^ base de toutes les autres, point de départ de Têtre vivant, union de la forme avec la matière dans un corps organisé pour la nutrition ; l'âme de la digestion, de la nutrition, et de la propagation de l'espèce. De même que toutes les âmes, comme nous le verrons, -elle participe à la chaleur céleste, à laquelle les corps animés doivent la chaleur qu'ils possèdent.
De l'âme nutritive nous passons k une âme d'un ordre plus élevé, à la fois nutritive et sensitive. C'est elle qui constitue la supériorité caractéristique de l'animal sur la plante. Ici, comme l'on peut le supposer, la dignité de l'être a fait un grand progrès. En appliquant le dissolvant universel — la forme contre la matière — nous devons faire observer que l'âme, sensitive et perceptive, reçoit la forme de l'objet perçu sans sa matière, ce qui revient à admettre sans démonstration tout ce qu'il y a de douteux dans la question de la perception extérieure. Malgré cela, la manière dont Aristote discute les sens et la sensation en général, est pleine d'observations justes et originales, et fait faire un progrès réel à la psychologie.
De l'âme sensitive, nous passons à Fâme noétique, au vouç ou intelligence. En traçant une ligne trop tranchée entre les sens et l'intelligence, on a introduit plus d'une cause de confusion en philosophie, et on a favorisé la doctrine de l'âme immatérielle. En même temps, Aristote reconnaît d'une manière complète l'état de dépendance dans lequel l'intelligence se trouve vis-à-vis de la sensation ; nous ne pouvons réfléchir ni raisonner sans images sensibles ((pavracrixaTa). Mais il n'était pas en son pouvoir de concilier ce fait avec ses idées sur la grandeur spéciale et
A. Bain. Il
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risolement du vouç. Il déclare, et cela contrairement à sa propre définition de Vâme, que la fonction noétique u'a point d'organes corporels, qu'elle est la forme pure et simple, ce qui semble encore plus en contradiction avec les rapports mutuels de la forme et de la matière.
Arrivé là, cependant, le philosophe cherche un nouvel allié. Il nous transporte de la terre au ciel. Poar compléter l'âme humaine, il lui faut le feu céleste.
La grande région de la forme (pure et sans mélange) est le CORPS céleste, la sphère céleste tout entière, avec ses rotations éternelles, séjour de toutes les natures divines, qui comprend les dieux invisibles, et le soleil, la lune et les étoiles. C'est de cette région céleste que procède toute vie, toute force; à chaque âme, à chaque forme qui anime la matière d'un corps vivant, elle communique ses propriétés vitales. Il n'est pas nécessaire d'insister davantage sur la contradiction qu'implique l'emploi du terme abstrait de forme, pour représenter la substance céleste. La physique et l'astronomie d'Aristote sont ses parties faibles; c'est par là qu'il a mérité d'être flagellé sans pitié par Galilée. Et cependant, ici encore il n'est pas sans inspirations brillantes; mais, de même que le vulgaire, il est asservi par le prestige de l'éloignement.
Le vou; émane d'une influence particulière et choisie du corps céleste; aussi ses propres opérations en reçoiventelles une dignité proportionnelle. Il connaît l'abstrait et Tuniversel. Il a deux modes ou degrés, lesquels sont fort importants. Il y a, d'un côté, l'intelligence réceptive, Intellectus patienSj et, de l'autre, l'intelligence construc-