‹ L'esprit et le corps considérés au point de vue de leurs relations: suivis d'études sur lesChapitre 83 sur 157 · ORIGÈNE — TERTULLIEN · texte numérisé non relu

ORIGÈNE — TERTULLIEN

Divinité est un air lumineux très-pur, répandu partout. Ce qui n'est pas un corps n*est rien. Qui niera que Dieu soit corps, quoiqu'il soit esprit? Un esprit est un corps d'une espèce et d'une forme particulières. Lame a la formt humaine, la même que celle du corps, seulement elle est délicate, claire et éthérée. Si elle n'était corporelle, comment pourrait-elle (et c'est là aussi l'avis dés stoïciens) être affectée par le corps, être capable de souffrir ou de se nourrir au dedans du corps? » « L'homme est fait à l'image de Dieu; Dieu, en formant le premier homme, prit pour modèle le Christ qui devait être homme. »

C'est ainsi que le matérialisme de TertuUien est prononcé et décisif. Méliton aussi écrivit un traité pour prouver la corporaUté de Dieu. Grégoire de Nazianze conçoit l'esprit comme n'ayant d'autres propriétés que le mouvement et la diffusion. Maxime ne pouvait admettre l'immensité de Dieu, parce qu'il ne voyait pas comment deux substances pourraient exister à la fois dans le même espace. Même lorsque la Divinité était appelée incorporelle, cette propriété n'était pas incompatible avec la visibilité dans certaines circonstances ; elle signifiait seulement la négation, à peu près à U manière des anciens, des propriétés les plus grossîmes de la matière. La visibilité des esprits était une croyance très- ordinaire ; bien des gens déclaraient avoir vu les âmes des mourants au moment où elles quittaient le corps. Peu à peu, cependant, on retranche la visibilité du nombre des attributs de l'esprit; alors la Divinité commence à être considérée comme incorporelle, ce qui voulut dire aussi invisible, mais Tâme humaine ne fut pas immédiatement élevée à la même distinction auguste. Ainsi, pour Origène Tâme semble avoir

tenu une place intermédiaire entre la matière grossière et la seule essence vraiment spirituelle, la Divinité. C'est pour lui un sujet d'étonnement que l'âme matérielle ait des idées de choses immatérielles ; et il en conclut qu'il faut qu'elle possède une immatérialité, sinon absolue» au moins relative.

Nous avons donc montré le double matérialisme qui dominait parmi les premiers pères de l'Église ; nous allons voir maintenant commencer dans l'Église le mouvement spiritualiste. Mais nous dirons d'abord quelques mots des Néo-Platoniciens, qui représentent les derniers efforts de la philosophie païenne, et dont l'influence sur les derniers pères de TÉglise et sur les scolastiques est évidente.

Plotin (204-269) est d'accord avec Platon pour reconnaître la grande distinction de Vidéal [et du sensihley et pour attribuer à l'âme une nature intermédiaire. Mais il s'éloigne de Platon au sujet du rapport entre les idées et Vunique ou le bien. Tandis que, dans le système de Platon, Vunique ou le bien compte parmi les idées dont il n'est que la plus élevée, et que toutes les idées sont considérées comme ayant une existence indépendante, — dans le Néo-Platonisme, il est élevé au-dessus des idées, et devient la source d'où elles émanent.

L'unique ou le bien est la première essence, l'unité primitive de laquelle toutes choses sont sorties. Ce n'est ni le vouç ou la raison, ni rien de ce que connaît la raison ; car chacune de ces choses implique nécessairement l'autre, et la nature de Tessence première, comme unité absolue, interdit de l'identifier avec tout ce qui implique la

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