SAINT AUGUSTIN
prit, > (fie QuaniL Animœ^ cap. 13.) Et en cela, dit-il, je m'appuie sur Tusage de TÉcriture, quoiqu'on y trouve aussi ce mot appliqué à la partie intellectuelle seule.
Après avoir établi une différence si tranchée entre l'esprit et la matière, saint Augustin sentit que la grande difficulté était d'expliquer comment l'âme immatérielle peut agir sur le corps matériel pour produire le mouvement. Aussi admettait-il que l'âme n'agit pas directement sur les parties plus matérielles du corps, mais sur une substance corporelle dont la nature se rapproche davantage de celle des substances incorporelles. Cette substance, il l'appelle lumière et air, et il la suppose mêlée à toute la matière plus grossière. L'âme transmet d'abord ses ordres à cette matière plus subtile, qui à son tour les communique immédiatement aux éléments plus grossiers.
Au sujet de l'immortalité de l'âme, saint Augustin dit qu'aucun être créé ne peut être immortel dans le même sens que Dieu, puisque l'existence de toute créature dépend toujours de la volonté divine. En même temps il soutient qu'aucun des changements que nous voyons s'o* pérer soit dans Tâme elle-même soit dans le corps, ne tend à la destruction de l'âme- La matière elle-même n'est pas détruite par le changement : à quelque point que sa forme soit altérée, elle reste toujours matière comme auparavant. Et, s'il en est ainsi des objets corporels, nous ne pouvons supposer que sur ce point l'âme leur soit inférieure, puisque tout esprit est supérieur à tous les objets matériels. Le philosophe va plus loin encore, et affirme que l'âme ne peut être détruite par aucun autre être créé, soit corporel, soit spiritueL La matière, étant d'une nature inférieure, ne peut détruire Tâme. Et un
être spirituel plus puissant ne le peut pas non plus; car un esprit n'est sujet à un autre qu'autant que sa propre volonté consent à cet assujettissement, et il est évident qu'aucun esprit ne peut désirer sa propre destruction.- Ainsi l'âme ne peut être détruite que parla volonté de Dieu.
Si Ton pense que l'âme peut mourir, en ce sens que, bien qu'elle ne soit pas détruite, elle peut exister sans vivre, saint Augustin démontre qu'une telle idée implique une contradiction de termes. L'âme est la vie et la source de la vie pour tout être vivant. « L'esprit ne peut donc pas mourir. Car, s'il*peut être sans vie, ce n'est pas un esprit, mais une chose qui a reçu la vie de l'esprit » — non animus^ sed animatum aliquidest — {De Immort. Animce^ cap. 9).
Saint Augustin insiste souvent sur l'argument tiré de notre « aspiration naturelle à l'immortalité. » Tous les hommes, dit-il, aspirent au bonheur, et le bonheur ne peut être véritable sans que celui qui en jouit en désire aussi la continuation. Or, un homme ne peut être véritablement heureux s'il n'a ce qu'il désire; et, par conséquent, la vie doit être éternelle, ou le bonheur est impossible. Ainsi la nature demande l'immortalité. A ceux qui lui objectent que, d'après ce raisonnement, tous, même les méchants, doivent arriver au bonheur, saint Augustin répond que le bonheur est accordé aux bons, non parce qu'ils désirent être heureux, mais parce qu'ils désirent être bons. Le bonheur est la récompense de la vertu ; et puisque tous pe désirent pas une vie vertueuse, tous ne peuvent en obtenir la récompense.
Claudien Mamert, qui vivait vers l'an 470, a écrit un traité De Statu AnirncBy en réponse à un ouvrage ano-