SCENE lY
Les Mêmes, LA COMTESSE DE LIGUEIL.
LA COMTESSE, entrant (V un air impornt. — Régine, mon mari vous prie de scendre lui parler. (A Nohan, froide- ?nt.) Je ne vous savais pas ici...
NOHAN. — En arrivant, on m'a dit que jgueil était dans l'atelier, et je suis monté lut droit.
LA COMTESSE, NOHAN, puis UN DOMESTIQUE.
LA COMTESSE. — Cette bonne petite!
Ah ! je suis contente ! Elle méritait bien un peu de chance, quoiqu'on ne pût guèro prévoir ce qui lui échoit! Mais c'était son tour, à la fin ! Il y a comme cela des destinées dont on se dit : « Cela ne finira donc pas que tout leur tourne mal ? » Seulement, cette fois, le coup de veine est beau.
NOHAN. — Ne m'expliquerez-voug pas ?...
Les Paroles restent
LA COMTESSE. — Le comte de Neuchamps, estimant qu'il nest jamais trop tard pour faire amende honorable, a légué à Régine un peu plus de deux millions.
NOHAN, atterré. — Ah! j'étais revenu trop tôt vers 1 espérance. Et devant moi, à nouveau, toujours l'irréparable !
LA COMTESSE. — Que signifie ce langage ?
NOHAN. — J'allais, dans un instant, solliciter de M.^^ de Vesles qu'elle m'accordât sa main... {Un temps.) Vous comprenez ?
LA COMTESSE. — Oui, Cet héritage imprévu met Yotre...( Avec intention.) délicsutesse dans une situation plus que difficile...
UN DOMESTIQUE, entrant. ■ — • M. le baron Missen attend madame la comtesse au salon. (Il sort.)
LA COMTESSE. — Réfléchissez, consultez mon mari... Mais prenez bien garde que le monde ne trouve votre demande en mariage un peu tardive... ou trop pressée... {Elle sort.)