DE VOIR DOUBLE
en parle jamais parce que c'est inutile. Ce soir, à la fin du repas, j'ai dû partir le premier pour aller visiter un malade.
PRIOLA. — Connu. Cela veut dire que
vous préfériez venir à pied en fuma tranquillement votre cigare.
SAVIÈRES. — Enfin, ces dames me si vent d'ici à quelques instants.
PRIOLA. — Ces dames? Avec M. ] Chesne ?
SAVIÈRES. — Non. Lui, il est ter d'aller avant dans une autre maison, ne nous rejoindra ici qu'au cours de soirée. Eh bien ! vous voilà rêveur, quoi songez -vous ?
PRIOLA. — A rien.
SAVIÈRES. — Si. Vous avez une pe:
sée!... Et même une mauvaise?
PRIOLA. ■ — Je les px'ends comme ell viennent.
SAVIÈRES. — Je la devine, votre pe sée.
PRIOLA. ■ — Alors, je n'aurai pas peine de vous la dire.
SAVIÈRES. — Eh bien ! ne la mett^ pas à exécution.
PRIOLA. — Pourquoi?
SAVIÈRES. — Pour beaucoup de ra sons qu'il serait trop long de vous exp: quer en ce moment.
PRIOLA. — C'est dommage.
SAVIÈRES. — Mais que je vous dirai.
PRIOLA. — Quand?
SAVIÈRES. — Chez moi. Le jour qi vous voudrez.
PRIOLA. — En consultation ? Voi m'amusez !... Je ne dis pas non.
SAVIÈRES. — Je vous attends. D'ic là, encore un conseil, cher ami... Assî gissez-vous, au physique aussi bie qu'au moral ; vous avez besoin de n pos. Vous avez tellement vécu! PRIOLA. — J'ai fait mon devoir.
SAVIÈRES. — Et moi je fais le mie en vous avertissant. Quoique sceptiqia et léger, il y a des années oii je ne pla santé pas. Dites-moi... vos yeux ? Il i vous arrive jamais de voir double, to d'un coup ?
PRIOLA. — Si. '
SAVIÈRES. — Ah!
PRIOLA. — Quand je regarde la gorg d'une femme. '
SAVIÈRES. — Vous n'êtes pas sérieuJJ Je vous laisse avec votre domestique.
Le Marquis de Priola