GAGNE UNE AMIE
un instant qui vous étiez. Je m'en repen assez! Mais j'étais fou! Pardonnez-moi A présent je vois clair dans mon cœur dans le vôtre aussi.
MADAME DE VALLEROY. — Oli ! le mien PRIOLA. — Et je vous défends contn vous-même. Ne résistez pas. Laissez-mo tout mon courage! Il m'en faut tant!
MADAME DE VALLEROY. — MoillS qu'i
moi !
PRIOLA. — Merci ! Nous nous serion trop aimés, Thérèse, voyez-vous? {Elle < un geste de femme choquée.) J'ai le droi de vous appeler Thérèse, maintenant? S vous saviez quel homme difficile et mau
Le Marquis de Priola
i s je suis, et comme je vous mérite peu ! \ us vous seriez attachée à moi.
MADAME DE VALLEROY- Pour VOS bel-
i (|ii,i!ités, sans cloute'^
l'iMOLA. — Eh non! Pour mes affreux jauts... par dévouement, sainte pitié...
['ime des femmes est impénétrable i
MADAME DE VALLEROY. Moins qUC
■ 0 de certains hommes...
piuoLA. — Plélas ! Et je vous aurais ' du mal. Jamais je ne me le serais par-
ii/'. Je ne peux pas voir souffrir une Hinie. A présent, c'est nni. Je suis fort. Ji compris mon devoir.
AIADAME DE VALLEROY, SarCOstlqUC .
„i. Ah! ah!
PRIOLA. — Vous valez mille fois mieux 1 de l'amour. En refusant le vôtre, je i s prouve la force du mien, car je me [i itais à moi-même en vous parlant de :; rice passager. Est-ce qu'une femme
une vous est une femme d'xme heure 1
' I non, je sens bien là [Il se frappe à la
'ht, cœur.) que je vous aurais adorée
Mi'inps, plus qu'aucune autre.
MADAME DE VALLEROY. — Et trompée!
i'KioLA. — Naturellement !... Et
si... quel supplice pour nous deux !
V is auriez eu à subir mes jalousies, mes
■ s, l'horrible torture de mes désirs
t liant avec mes dédains. J'aurais fait
1 1 er ces pervenches ! Moi ! oh ! Sei-
ur?
MADAME DE VALLEROY. AsseZ !
l'iitoLA. — Oui. Au lieu de ces tris- , nous avons pour nous...
MADAME DE VALLEROY. — L'amitié.
I KiOLA. — Vous l'avez dit... ce senti- Dit exquis et délicat!...
MADAME DE VALLEROY. — Si rare!
lîioi.A. — Surtout entre l'homme et Miiiime! et vous me remercierez plus al d'avoir eu l'héroïque raison de sacrii( mon bonheur à votre honneur.
MADAME DE VALLEROY. Oui ! VoUS
•t un... héros!
'itioLA. — Plus que vous ne croyez, Ciese! Soyez franche. Regrettez-vous I ro venue ?
MADAME DE VALLEROY. — Ah ! certes
PRIOLA. — J'en étais sûr! Tout est bien qui finit ainsi. J'ai eu de vous le consentement que je n'espérais pas. Il me suffit. N'est-ce pas l'intention qui fait tout? Et vous allez sortir de chez moi, grâce à Dieu ! telle que vous étiez avant d'y entrer, honnête et respectée! Dites donc que c'est charmant?
MADAME DE VALLEROY. Délicieux !
PRIOLA. — Je perds une maîtresse, je gagne une amie.
MADAME DE VALLEROY. — Et Une bonue, je vous en réponds !
PRIOLA. — Je m'en doute!
MADAME DE VALLEROY. Mais VOUS
savez le proverbe : Il n'est si bons amis...
PRIOLA. — ... Qui ne se quittent! Eh quoi! déjà?
MADAME DE VALLEROY. — Déjà! Ne me reconduisez pas.
PRIOLA. — Pourquoi ?
MADAME DE VALLEROY. — VoUS devCZ
être fatigué.
PRIOLA. — Mais non.
MADAME DE VALLEROY. — Adieu, marquis. Sans rancune.