SCENE VII
Les MÊMES, CLAUDINE DE JERSEY à gauche.
OLGA, précédant Claudine qu'elle intn duit à gauche derrière le paravent. — Ps ici, madame. [Appelant.) Madame R vière !
MADAME RIVIÈRE, répondant du part vent de droite. — Voilà! Chez qui?
OLGA, même jeu. — Chez M™* de Jerse
ALICE. — Celle des Folies-Bergère !
la connais.
CASSEL. — Vous allez dans ces er droits-là ?
ALICE. — Avec mon père. Je l'ai vii dans le Massage d'une Parisienne. On dj qu'elle va entrer prochainement au Théâ tre-Français.
MADAME SALOMON. — Allons donc !
M.ADAME BLANDIN. — C'est exact j po!
remplir les rôles à maillot. Elle débutera dans le page de Ruy-Blas. a. Cours, md bon petit page. »
DUPALLET. — Eh bien, ce jour-là se lement on me verra dans la maison Molière. Pas avant.
CLAUDINE, qui vient de se défaire po' essayer. Elle a les hras nus. A Olga. - Tenez, mon petit chou, je ne vous ai encor jamais rien donné. [Elle détache un peti
Viveurs
yorte-hnnheur de son poignet.) Prenez ça. OLGA. — Oh ! madame ! Vous êtes trop jbonne ! C'a n'est pas ces dames du monde qui nous gâteraient comme vous ! c'est jravissant !
,) CLAUDINE. — C'est gentil. Ça me vient Id'un Anglais qui est mort.
! MADAME RIVIERE, entrant chez Claudine. — Ah 1 ce corsage... {On essaije, on [rectifie.) Non! vous savez? Ce que vous
i'ïfces bien faite, mon petit! C'est admirable.
CLAUDINE. — C'est ce qu'on me dit jjour et nuit.
CASSEL, à Denise et à Eve. — Par quel iableau commence-t-on ? (A il/™^ Blandin.) [1 y a trois tableaux, n'est-ce pas?
MADAME BLANDIN. TouS Ics trois de
a composition de papa.
DUPALLET. — a Le Sommeil de la ^uit », — « la Revanche d'Actéon », — •t « la Nj'mphe surprise ». — Voilà.
DENISE. — C'est le premier que j'ai !n main, o le Sommeil de la Nuit ».
MADAME BLANDIN. — Et la nuiit, c'est noi. (.4 Cassel.) Je compte que vous n'alez loas me faire une nuit trop triste, hé ! rop catafalque ?
DUPALLET. — Il y a des nuits gaies.
CASSSEL, à Du-pallet et à Salomon. — V abord, si ces messieurs veulent bien maintenant se retirer.
MADAME BLANDIN. — Il n'est que temps.
SALOMON, à M^" Blandin, se montrant , 'li et Du-pallet. — Votre père, voyons... auteur de vos jours et des tableaux...
loi, un vieil ami... nous n'avons pas de >xe I
MADAME BLANDIN, sc montraiit, elle, T"'' Salomon et Alice. — Oui, mais nous ois, nous en avons un. Ouste !
Elle les renvoie.
SALOMON, à Dupallet. — Allons à côté iors.
DUPALLET, désignant le paravent de laudine. — Aux Folies-Berg^ère.
s sortent du paravent et se trouvent au milieu de la scène, entre les deux paravents.
DENISE, à Alice Guénosa qui retire son 'l'sage. — Mademoiselle a des bras!
Sapristi, avec des bras comme ça, mademoiselle n'est pas en peine de se marier.
SALOMON, parlant au paravent de droite. — Dès que vous serez visibles, vous nous rappellerez.
DUPALLET. — Parce que nous nous embêtons comme deux poissons rouges.
MADAME BLANDIN. — N'ayez donc pas peur.
MADAME SALOMON. — Ah! ces hommes !
EVE, à il/"^*^ Blandin, qui a les épaules nues. — Madame a là, près de l'aisselle, un petit signe. La princesse de Lausanne a tout à fait le pareil.
MADAME BLANDIN. — Vrai? Ah! que je suis contente ! Je me sens plus fière.
MADAME RIVIÈRE, à Claudine, paravent de gauche. — Dites donc, ma mignonne!
Vous savez que Bel-Ivry est venu régler votre compte tout à l'heure.
CLAUDINE. — Ah !
MADAME RIVIÈRE, à genoux. ■ — Vous voilà soulagée, hein ?
CLAUDINE. — Il n'a fait que son devoir, il avait promis. Chose promise, chose due. Et puis, il m'embête avec sa morphine. Il veut toujours qu'on se pique ensemble ; c'est sa façon de toucher au bonheur. Moi j'aime pas ça, et je vais le lâcher.
MADAME RIVIÈRE, se relevant. — Ah!
CLAUDINE. — C'est décidé. La lettre est déjà partie. D'ailleurs j'aime d'un autre côté.
MADAME RIVIÈRE. Qui ça?
CLAUDINE. — Morvillette.
MADAME RIVIÈRE. — Il n'a pas le sou.
CLAUDINE. - — Oui. Mais c'est l'homme de Paris le plus fort aux armes. Chaque fois qu'il se bat il blesse l'autre grièvement. Je trouve ça chic. Au moins quand je voudrai il me fera respecter : ça ne sera pas trop tôt. Au revoir. Rivière. Et sans faute mes chemisettes demain? {Elevant la voix.) Parce que je dîne à Madrid!
SALOMON, à Dupallet. — Encore une qui a gagné une Philippine !
CLAUDINE, « M"^^ Rivière, en s'en allant confidentiellement. — .... Et on doit me présenter un nègre, épatamment riche, qui parle français.
Elles sortent toutes deux par le fond.
Viveurs
SALOMON, au paravent de droite. — Eh bien ! ça y est-il à la fin ?
MADAME SALOMON. Voilà.
DUPALLET. — Les enfants au-dessus de quinze ans peuvent entrer?
MADAME BLANDiN. — Là... ça y est. Les deux hommes entrent.
DUPALLET, à M^" Salomon. — Vous, c'est la reine des étoiles'? (.4 Alice Guénosa.) Et vous, Diane.
ALICE. — En chair et en os.-
DUPALLET. — Je n'en vois que la moitié.
SALOMON, à Dupallet. — Et c'est moi qui ferai Actéon, vieil ami ! Un Actéon d'un réussi, d'un moderne! Mon costume ne sera prêt que demain.
DUPALLET. — Ça n'a pas l'air d'aller mal, tout ça !
CASSEL. — Vous n'y entendez rien. Ne nous troublez pas.
MADAME BLANDiN. — Moi, je demande Louise Dubois. (A une des demoiselles.) Allez me la chercher, mon petit. {La demoiselle sort.) Je n'ai vraiment confiance qu'en son goût.
SALOMON, à W^" Blandin. — Et dans le mien ?
MADAME BLANDIN. SaUS dcuto.