‹ L'esprit françaisChapitre 200 sur 315 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

Les MÊMES, LOUISE DUBOIS, puis BLANDIN.

LOUISE DUBOIS, eji jjGSsant près de Salomon lui fait en cachette une agacerie tendre, et, rapidement . — Je suis libre ce soir. Toujours même endroit.

SALOMON, même jeu. — Entendu, bijou.

OLGA, qui a vu, le coiip, à part. — Passez muscade !

MADAME SALOMON. — Bonjour, mademoiselle.

MADAME BLANDIN. — C'est moi qui vous ai réclamée, mignonne.

CASSEL, à Louise. — Où donc étais-tu?

LOUISE. — Avec M. Blandin.

MADAME SALOMON. — Mon mari est ici

LOUISE. — Il me faisait mille rocom' mandations au sujet de votre taille. Il n< veut pas qu'on vous serre trop, parce qu'il paraît que vous avez des propensions

MADAME BLANDIN. — Il nous assomme, lui et ses propensions. De quoi se mêle^ t-il? (^1 Cassel.) Dépêchons avant qu'i ne vienne nous raser.

CASSEL. — Le fait est que quand i est là il n'y a pas moyen d'aboutir à quel que chose de sérieux.

MADAME BLANDIN. — On u'aboutit jai mais avec lui.

BLANDIN, entrant. — J'arrive à temps!

SALOMON. — A pic. On parlait de vous.

ALICE. — Et dans des termes !

BLANDIN. — On me bêchait? Oh! j' suis habitué... Ma femme? {A sa femme Tu vas encore me bousculer, mais...

MADAME BLANDIN. — Ne me parle pas si tu veux que je te tolère ici, tais-toi. (J Cassel.) Là... tenez... dans le bas... est-c^ que vous ne trouvez pas?...

CASSEL. — Ts ! ts ! Il y a quelque chose !

Le jeu de scène suivant s'établit alors : INI"" Elan din est debout, Louise Dubois arrangeani sa jupe, à genoux, Cassel debout, Blandin del bout, et Salomon d'un autre côté, regardant à cheval sur une chaise, et tour à tour, à h dérobée, sans que Cassel et Blandin y voien rien, M°" Blandin et Louise Dubois font cha cune, sans être vues aussi l'une de l'autre, d petits signes de tendresse, clins d'yeux, bai sers muets, etc., à Salomon, pacha, qui le: leur rend à la dérobée, et chacune les prent pour elle seule. Pendant ce manège, le dialo gue se continue, suit son cours.

BLANDIN. — Ça gode.

MADAME BLANDIN. Tais-toi.

MADAME SALOMON. — Qu'ils sont embê tants, mon Dieu, à toujours se chamailler

BLANDIN, à M"^" Salomon. — Il faut pourtant bien que je sois là pour lui dir mon avis... si ça va... si ça plaque bie%

MADAME SALOMON, qui répond à Blan din. — Mais non, mon mari est là pour ça

CASSEL. — Et puis moi.

Ici, à la fin du petit manège ci-dessus, Olga qui n'en a rien perdu, dit à mi-voix, pour €^

seule.

Viveurs

OLGA. — Ah! c'est beau, la confiance!

ALICE. — Vous n'avez rien à faire ici, mon pauvre Blandin.

MADAME BLANDIN. — Qu'à nous gêner.

DUPALLET. — Rompez, mon gendre, allez.

BLANDIN. — Plus souvent. Voue y êtes bien, vous !

DUPALLET. — Moi, c'est différent, Je suis un vieillard.

BLANDIN, montrant Salomon. — Eh bien, et Salomon?

SALOMON. — Moi, c'est différent, aussi.

Je suis un homme jeune.

BLANDIN, pas content. — Enfin, avec tout ça !.. .

MADAME BLANDIN, éclatant. — La paix!

La sainte paix ! Ou ne s'entend pas essayer. (.4 son mari, l'asseyant de force.) Colle-toi là et ne nous fais pas d'histoires.

BLANDIN, résigné et souffrant. — Oh!

:ette vie ! Et dire que depuis treize ans :'est comme ça! J'ai l'estomac démoli, /oilà six mois que je suis à l'eau sucrée. 5uel malheur ! Ah ! Jésus ! Etre à la cam- )agne, dans une petite maison...

MADAME BLANDIN. CoUVerte OU tui-

es ! c'est connu.

BLANDIN, sortant. — J'aime mieux n'en aller.

MADAME BLANDIN. — Va-t'en douc.

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