SCENE X
Les MÊMES, tous ensemble. î;
LA MARQUISE, à Jf"" Blandin. — Vrai ment, madame...
MADAME BLANDIN. — Mais paS du tOUt
madame, c'est moi...
LA MARQUISE. — Cest d'une indjiscré
Viveurs
tion à nous... Vous êtes entre intimes.
MADAME BLANDiN. — Je VOUS en prie.
Mais d'abord que je vous présente. (A ses 'irfi/s.) lia marquise de Saint-Eloi, Pal, j'est tout dire. (Jeux de scène. Aux deux f tînmes.) M""^ Salomon, M. Salomon, M'"'' Guénosa, mon père...
DUPALLET, à iiart. — Un peu ressemelée, la marquise.
PAF, à Alice, lui tendant la rnain. — Je vous ai aperçue à l'établissement, mademoiselle. J'y vais tous les jours. Je prends deux douches par jour.
ALICE. - — Tant mieiix pour vous, mademoiselle.
Elle ne lui prend pas la main et lui tourne le
dos.
PAF, dépitée. — Ah!
MADAME BLANDiN. — Soyons brefs.
(Aux deux nouvelles venues.) J'apprends qu'il vous serait agréable de venir samedi.
LA MARQUISE. — Oh ! nous serions dans l'enchantement! Je sais que vous adorez les artistes, et j'ai d'ailleurs moi-même un pied dans les lettres. J'écris sous les pseudonymes de Turquoise, Veloutine et Domino noir.
MADAME BLANDIN. Je VOUS ai lue.
Je compte siur vous deux. Vous verrez un petit hôtel bien modeste...
MADAME BLANDIN. — Vous verrez un petit iiotel biicn modeste...
LA MARQUISE. — - Oh! c'eet vous qui êies modeste! On connaît de réputation vus beaux salons de l'avenue de Villiers.
MADAME BLANDiN. — Mes beaux salons ! Pourtant, je ne suis pas mal installée, j'en conviens. J'ai un jardin avec d<.s pigeons, une tortue, trois chiens, deux paons et plus de cinquante oiseaux, avec un cuisinier mulâtre.
LA MARQUISE. — Et ouis des fleiirs.
MADAME BLANDIN. Aussi, sans doutc.
Enfin, vous serez les bienvenues. (A Paf.) Mademoiselle, je suis une grande admiratrice de votre talent. J'ai dévoré vos piquantes études sur le maintien.
PAF. — Vous êtes trop gracieuse, madame. Je n'ai aucune fortune. Je vis seule de ma plume avec ma mère qui est impotente. Douze, rue Mazarine, au fond de la cour. C'est tout petit. Xous n'avons que deux pièces. Mais tous les jours nous recevons de six à sept, et il y a des équipages à la porte. On joue un peu de Parsi/aî... on récite des vers grecs... ma mère chante dans son fauteuil, elle a encore un beau restant de voix ; moi, je déclame, j'ai pris des leçons de Mounet- Sully... Si cela peut vous tenter?
MADAME BLANDIN. — Certes : Avec grand plaisir.
DUPALLET, a Salomon. — Nous irons aussi, hein ?
SALOMON, même jeu. — Oui, pour la mère qui chante dans son fauteuil. Paf douairière !
JULIETTE, à l'af. — Le cousin de mademoiselle est là.
PAF. — Il peut venir. {A il/™^ Blandiv .) Si j'osais, je vous demanderais aussi pour lui, madame, la faveur d'une invitation. Mon cousin Paul Durzac est publiciste, et il m'accompagne partout. C'est mon porte-respect.
SALOMON, à 'part. — Il n'eu porte pas lourd !
MADAME BLANDIN. — Mais, certainement.
Parait Durzac.