‹ L'esprit françaisChapitre 203 sur 315 · PAF · texte numérisé non relu

PAF

zac

PAF. ■ — ■ Le voici, d'ailleurs. {A Dur- .) Paul, M"^*^ Blandiu que tu connais

déjà de nom veut bien nous inviter à se tableaux vivants.

DURZAC. — Oh! madame, mon journa et moi, nous sommes à votre entière dis position.

MADAME BLANDIN. — Quel joumai ?

DURZAC. — Le Petit Eossanl. Ce n'es encore qu'un modeste organe.

MADAME BLANDIN. — Il grandira.

DUPALLET. — Pardon, monsieur..

Durzac... est-ce que ça n'est pas vous qu êtes si répandu dans le monde des crimi^ nels... des prisons? |H

PAF. — Parfaitement, Durzac, l'am des assassins. C'est lui.

MADAME SALOMON, à DursCtC. Vou

devez être fier !

DURZAC. — Ce monde-là m'intéres»

vivement. C'est là que j'ai rencontré le âmes les plus fraîches, les plus honnêtes Ils ne sont pas mauvais, vous savez ? C< sont des enfants, de petits enfants.

ALICE. — Et tous ces crimes que nou voyons, monsieur ! Comment arrangea vous ça ?

DURZAC. — De l'enfantillage. Pas au tre chose. Si ça peut vous intéresser ur jour, mademoiselle, je vous ferai voir ce; geus-là de près.

MADAME BLANDIN. NoU ? C'est sé-

rieux ?

MADAME SALOMON. — Vous pourries nous mener dans les bouges?

DURZAC. — Quand vous voudrez.

PAF. — Il m'y a menée des quantités!

de fois !

ALICE, à part. — Ça se sent.

MADAME BLANDIN. ]\'ais les boUge8|

Les bouges-bouges ?

DURZAC^ — Les vrais.

MADAME BLANDIN. — Quel bonheuri Le rêve de ma vie ! Ah ! on va donc enfin s'amuser ! Je retiens votre promesse ?

MADAME SALOMON. — Moi, je voudrai voir une exécution !

DURZAC. — Très facile. Je tutoie le bourreau.

MADAME BLANDIN. Non. PaS Ça. Mcl,l

ce qui m'amuserait davantage, c'est de] visiter Saint-Lazare. Voir ces pauvreei

Viveurs

Ifemmes de rcbu.t... On dit que le bonnet est charmant ?

I DURZAC. — Moins commode, ça ! Il faudrait une permission de...

MADAME BLANDiN. — De qui ? Je le connais. Je l'aurai.

DUPALLET. — A quoi bon?

MADAME BLANDiN. — Oli ! c'est instructif, voyons ! Si on vit comme un potau-feu? Une femme du monde doit avoir été à Saint-Lazare. Enfin, noue arrangerons tout ça avec M. Durzac. A samedi.

(A Durzac.) Avez-vous quelqii'un encore, un ami auquel il serait agréable de vous accompagner ?

DUPALLET, à 2}(t>'f. — Tout à l'heure elle va inviter les passants.

DURZAC. — Mon Dieu, oui, madame...

mon camarade Duvaneau, dix-huit ans...

Qui sera trente-quatre fois millionnaire un jour... Il n'attend plus que sa grand'mère.

SALOMON. — Je connais ce nom là...

Duvaneau...

DURZAC. — Il a déjà un peu fait parler de lui. Et on en parlera plus encore.

CASSEL, paraissant au fond. — Mesdames, on vient d'allumer le petit théâtre. S'il vous plaît de venir voir l'effet à la rampe...

MADAME BLANDiN. — Un mot avant. (A C'assel.) Il viendra tout à l'heure un jeune homme de nos amis à qui j'ai donné rendez-vous ici, M. Octave Lacroix...

CASSEL. — Encore une nouvelle connaissance ?

MADAME BLANDiN. — Un charmant gardon, qui ne fait que sortir du régiment, :]ui n'a pour ainsi dire presque j armais quitté sa province et ne demande qu'à i'amuser ferme !

ALICE. — Eh bien, moi, il ne me déolaît pas, il n'est encore qu'à demi Pariien, il a conservé un peu de saveur départementale. Mais ça m'a l'air d'un 3rave petit homme.

CASSEL. — C'est bon, je vais prévenir, ^ar le petit escalier. (A Dupallct.) Qu'este que vous cherchez?

DUPALLET. — Rien. Vous avez, parmi

ces petites jeunes filles qui font les commissions. . .

CASSEL. — Cécile... oui, vous me faites penser... {Il sort la bague.) Voulez- vous avoir Tobligeance de reprendre cette bague

DUPALLET. — Comment... mais...

CASSEL. — C'est trop tôt, maintenant, mon bon ami, beaucoup trop tôt. Elle n'a que quinze ans. J'ai charge d'âmes... Il faut attendre encore un peu... Vous lui donnerez l'année prochaine...

DUPALLET, pas content. — L'année prochaine! j'aurai un an de plus aussi, moi.

CASSEL. — Mesdames, pressons.

Il sort avec Dupallet.

LA MARQUISE, à 1/'"^ Blandin. — Adieu, madamic.

Jeu de scène.

PAP. — Mesdames, mademoiselle. (.4 Durzac.) Tu viens, mon cousin?

La marquise, Paf et Durzac s'en vont du même côté.

MADAME SALOMON, sortant avec les demoiselles. — Elles sont charmantes.

MADAME BLANDIN, restée cicprès en arrière, avec Salomon. — Charmantes.

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