SCENE XIV
Les MÊMES, ALICE.
ALICE, à son père. — Eh bien ? (Guénosa lui fait signe de ne 2Jus parler de Sa lomon. Elle aperçoit i¥""^ J3landi?i.) Ah! bonjour, chère madanie.
MADAME BLANDIN. ■ — Bonjour. (/l part.) Elle a. pleuré.
GUÉNOSA. — Alice, mon petit, j'ai du nouveau à t'apprendre.
ALICE. — Quoi encore ? J'aime pas beaucoup ça ! Je me méfie toujours
GUÉNOSA. — N'aie pas peur.
MADAME BLANDIN, à Alice. -
allez être au comble de la joie!
ALICE. — Tant que ça ?
GUÉNOSA. — Dites-lui, vous.
MADAME BLANDIN, Ù Alice. —
pour vous que Lacroix s'est battu.
ALICE. — Pouf moi !
Vous
C'est
Elle est très émue et chancelle.
MADAME BLANDIN, à Guénosa, montrant Alice toute ]}âle. — Tenez ! Regardez si ça traîne i (.4 Alice.) Pour vous ! On' vous avait attaquée, il vous a défendue ! Il a été sur le terrain, avec un homme dangereux ! qui pouvait le tuer ! qui a fait tout son possible pour ça ! C'est-àdire que s'il en est réchappé, c'est par miracle ! Voilà la vérité, la seule !
GUÉNOSA, à part. — A^a-t-elle! Vat-elle!
ALICE. — Et il n'a rien dit ?... Il s'est tu ?
MADAME BLANDIN. - — Par discrétion...
Est-ce de la délicatesse, ça ?... Est-ce de l'a.mour ?
ALICE. - — Dame... ca v ressemble.
Viveurs
MADAME BLANDiN. — Alors, VOUS ne le refusez plus ? Vous dites oui ? Ça vaut ^a, vous savez.
ALICE, à son ^;f/'<?. — Faut-il, papa?
GUÉNOSA. — Fais ce que tu voiidras...
la bride sur le cou... Tu sais mes idées...
MADAME BLANDIN, à Guénosci. — Mais dites donc comme moi ! {A Alice.) 11 v^eut avoir l'air détaché... dans le fond il ne demande pas mieux. Epcus.\z Lacroix, mon petit, et tout de suite. C'est le mari qu'il vous faut, vous serez très heureuse... et tout le monde y trouvera son compte. .
GUÉNOSA, à iiart. — Elle surtout.
(Jlaut.) Marie-toi donc, ma fille. C'est un bon hasard.
ALICE. — Eh bien, j'y consens. Je serai sa femme.
MADAME BLANDIN. Ail ! que VOUS
êtes gentille ! Il faut que je vous embrasse !
Elle l'embrasse.
GUÉNOSA. — Mais j'oublie que j'ai un client à qui ça va faire plaisir. ( // va ouvrir la j)orte du cabinet. Appelant Sa- '()/// on.) Entrez donc, jeune malade, vous !i'êtes pas de trop. Il y a des dames de >'otre connaissance.
MADAME BLANDIN, à part, très saisie.
- Paul !
SALOMON. — Elle !
GUÉNOSA, à part. — Ils font tous les leux une tête !
SALOMON. — • Je si.lis malade, et je me oigne !
GUÉNOSA. — Oui. 11 s'est mis aux piûres. Il va déjà beaucoup mieux.
SALOMON, à part. — 11 est à tuer!
GUÉNOSA. — Voilà ; vous êtes un ami : 'ai une grosse nouvelle à vous annoncer. i.lice se marie.
SALOMON. — Bah !
MADAME BLANDIN. — Elle épouse Laroix, brave et gentil garçon, n'est-ce as, qui saura garder sa femme, et qui n'a as froid aux yeux...
GUÉNOSA, à Salonion. — Vous en sa- ??; quelque chose, vous l'avez vu sur le Train ?
SALOMON. — Oui... oui.
GUÉNOSA. — Je suis très content de ce mariage... (.4 M"'" Blandin.) C'est cette chère amie qui l'a fait, on peut le dire !
SALOMON. — Ah ! c'est vous ?... Mes compliments ! (.4 Alice.) A vous aussi, mademoiselle. (.4 piart.) Attends! Attends !