‹ L'esprit françaisChapitre 240 sur 315 · SCENE XY · texte numérisé non relu

SCENE XY

Les MÊMES, BLANDIN, puis DUPALLET.

BLANDIN, entrant. — Enchanté de vous trouver tous !

MADAME BLANDIN. D'oÙ SOrS-tu ?

GUÉNOSA. — On ne vous voit plus.

MADAME BL.\NDiN. — On me l'a changé, mon cher. Il commence à prendre goût à la fête.

BLANDIN. — Oui, et c'est pas mauvais... comme l'air de la mer... un petit goût salé. Je vous cours après depuis une heure. C'est demain la Philippine, mes enfants !

DUPALLET, entrant avec son livre sous le bras. — Les voyageurs pour Stockhclm ! en voiture !

BLANDIN. — Eh bien, oui, quand parton 1 A quelle gai'e ? Il serait temps de s'en occuper.

DUPALLET, très f/ai, très en train. — Moi, mon petit sac de nuit est déjà prêt.

BLANDIN. — C'est Salomon qui devait se charger...

SALOMON. — Ne vous agitez pas...

Tout cela est arrangé il y a belle heure ! J'ai commandé un grand omnibus qui passera demain vous prendre tous, les uns après les autres.

MADAME BLANDIN. — Alors OU va donc un peu nire à présent, hein ?

SALOMON, à il/'"" Blandin. — Aux éclats. (-4 Gvévosa.) Il sera chez vous à trois heures.

GUÉNOSA. — Mais je n'en suis pas.

Viveurs

DUPALLET, consterné. — Allons donc !

Vous venez avec la petite 1

ALICE. — Jamais ! Jamais !

GUÉNOSA. — Mes affaires, ma clientèle !

MADAME CLANDiN. — Oh ! faut venir, mon petit docteur ! Vous n'en avez jamais raté une, ni la Grande-Chartreuse, ni le Vésuve, ni Bayreuth.

BLANEiN. — Notre nuit dans le ballon captif, Edouard, pendant l'Expoaition, vous vous rappelez ?

GUÉN03A. — Oui... Mais...

DUPALLET. — La tournée en Belgique avec la troupe du Chat-Noir... avec la Comédie-Française à Orange... partout vous avez été de la bande. Vous n'allez pas nous lâcher. Vous n'allez pas nous lâcher cette fois.

GUÉNOSA.. — Impossible ! (^Montrant sa fille.) Cette enfant? son mariage?

BLANDiN. — Elle se marie ?

MADAME BLANDiN. — Avec Lacroix !

p.LANDiN. — Chic ! Oh ! que c'est amusant ! {A Salomon.) Raison de plus.

Faut qu'ils viennent tous les deux, ces petits ! ça leur fera un voyage de fiançajilles.

MADAME BLANDiN. — Et pap Ordinaire ! {A Alice.) Allons? Est-ce dit?

ALICE. — N'insistez pas ?

MADAME BLANDiN. — Tant pis donc, mes enfants, on vous regrettera.

RENAUD, au docteur. — Monsieur, il est quatre heures et il y a vingt-trois personnes au salon.

GUÉNOSA. — Rompez, sauvez-vous.

MADAME BLANDiN. — A demain.

GUÉNOSA. — A demain ! J'irai vous voir embarquer.

MADAME BLANDiN, à Alice. — Arrivez, vous, la petite fiancée, je vais vous donner des conseils pour votre ménage.

GUÉNO&A, consulté, d'un regard, à sa „ fille. — Adieu, Bichette ! Et maintenant, à nous les malades !

MADAME BLANDIN, bas à Solomon, fjm regarde Alice à la dérobée. • — Regardela bien, elle n'est pas pour ton nez.

Elle fredonne : « J'ai du bon tabac dans ma tabatière », et part, très en gaieté, avec Alice et Lacroix.

SALOMON, dans ses dents. — Rigole, mon chat. Je vais te faire pleurer.

DUPALLET, vrenant le bras de Saloiron. — Allons ! Voilà encore une bague de fiançailles que je vais fournir !

SALOMON. — Pas si vite! Un mariage, mon petit père, surtout à Paris, ça n'est jamais fait que le lendemain. Venezvous ? Je vais chez Paf.

DUPALLET. — Merci. J'ai mieux.

Ils sortent, comme les malades rentrent, Morvillette au bras de Bel-Ivry.

DDPALLET. — Les voyageurs pour Stockholm!

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