MADAME BLANDIN, LACROIX
puis ALICE.
LACROIX. — Eh bien? (S'apcrcevant qu'elle pleure.) Vous pleurez? Oh! pardon! Xmbécile que je suis! Qu'est-ce que j'ai fait?
MADAME BLANDIN, elle s'cssuic les ijeux.
C'est fini, n'ayez pas de remords, mon ami. Vous m'avez éclairée, mais sans rien m'apprendre. Et Cjuant à la calomnie de cette misérable feuille, ce n'est pas Salomon qui en est l'auteur.
LACROIX. — C'est M"' de Férouville. Je sais. Par le docteur qui vient d'arriver. Je ne peux malheureusement pars fouetter cette demoiselle. Mais il n'en reste pas moins que Salomon et Durzac vont avoir à me donner les réparations.
MADAME BLANDIN. — A quoi bon ? Laissez donc tous ces gens-là en repos {Entre Alice avec Guénosa.) dans leur boue, chez eux. Vous avez le bonheur. Haussez les épaules et iDassez.
ALICE. — Je ne suis pas indiscrète'/ {Elle voit le visage bouleversé de M^^ Blanditi.) Qu'avez-vous ?
LACROIX, à Alice, bas. — Chut!
MADAME BLANDIN. — Rien. La joie des autres me fait toujours cet efïet-là. Chère enfant ! êtes-vous heureuse ?
ALICE, montrant Lacroix. — Demandez-le-lui.
LACROIX, même jeu, montrant Alice.
— Non, c'est elle qui le sait.
MADAME BLANDIN, à CUX deUX. Eh
bien ! voulez- vous le rester heureux, longtemps et toujours? Ne faites pas comme moi. Ah ! ne soyez pas des viveurs, mais vivez. Telle qu'elle est, même incomplète et dure parfois, la vie vaut encore la peine d'être vécue, à condition qu'on l'accepte avec dignité, sans lui demander autre chose, hélas ! que des devoirs à remplir et des souffrances à partager.
Viveurs