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SCENE X

ARDAN, PHILIPPE, ANDRE, Yorick LAMBERT, HELENE.

HÉLÎiNE. ■ — Je ne sais pas ce qu'on vient de dire, mais ça a jeté un froid... Je .suis sûre que c'est encore Yorick Lambert qui a dit une férocerie.

YORICK LAMBERT. — Moi, pas du tout, nous parlions politique.

ARDAN. — Est-ce qu'il va durer encore longtemps, ton cotillon 1

HÉLÈNE. — Non, mon ami, ça va être fini, et tout de suite après on apporte les petites tables pour souper. . . Tu ferais bien

même d'aller voir si tout s'arrange comme tu le vevix.

ARDAN. — Tu as raison... j'y vais.

HÉLÈNE. — Et puis, par la mêm.e occasion, si tu passes par le bar, tu verras ce que font Cresson et Lubin.

ARDAN. — Qu'est-ce qu'ils ont encore inventé, ces artistes-là?

HÉLÈNE. — Je ne sais pas, mais je crois que Cresson est complètement gris et Lubin n'en vaut guère mieux... justenient, le voici.

SCENn. XI

Les Mêmes, LUBIN, très rouge.

ARDAN. — Il paraît que vous en faites de belles.

LUBIN. — Cresson est ivre mort, mon cher... il a bu quinze cocktails au vin de coca, et il est en train de boire un mintjulep pour se remettre... Il a fourré les pailles dans son nez et il tire... il tire... alors ça dégouline sur son plastron... il est dégoûtant... charmante soirée... beaucoup d'entrain !

ARDAN. — Tu trouves ça drôle, toi?

La Douloureuse

LUBiN. - — Ça n'a rien de dramatique.

ABDAN. — C'est égal, puisque tu sais comment il est, tu aurais dû le surveiller.

LUBIN. — Le surveiller, moi? C'est pas ma sœur ! Eh bien, tu en as du venin !

ARDAN. — • Ça finit toujours comme ça avec vous.

LUBIN. — C'est ta faute.

ARDAN. — ■ C'est ma faute?

LUBIN. — Bien sûr, tu as demandé un bar anglais, tu as voulu le genre bar, eh bien! tu l'as... de quoi te plains-tu?... Et puis C3 n'est pas tout ça... écoute donc, écoute...

ARDAN. — Quoi encore?

LUBIN. — ■ C'est quelque chose que je ne peux pas te dire devant tout le monde. ARDAN. — Voyons! qu'y a-t-il?

LUBIN. — Il y a qiie... Prudent est là.

ARDAN. — Prudent ?

LUBIN. — Oui, Prudent, le commissaire aux délégations judiciaires. Il te demande.

ARDAN. — Tu es sûr? On ne sait jamais avec toi.

LUBIN. — Non, vrai, je ne suis pas soûl... je ne te ferais pas une fumisterie pareille.

ARDAN. — Voyons, à cette heure-ci, on ne vient pas chez les gens.

LUBIN. — Tu sais quelle heure il est... cinq heures du matin, mon vieux ; nous sommes au mois de juin, le soleil est levé. Non, sérieusement je ne blague pas, c'est Prudent, je te jure. Heureusement que j'étais dans le vestibule quand il est entré... je l'ai reconnu et je l'ai fait tout de suite monter dans ton cabinet à cause des gens, pour que ça ne fasse pas de chichi.

ARDAN. — • Tu as bien fait... merci.

LUBIN. — ■ Je suis un ami, moi, je suis un frère. Je lui ai dit que j'allais te prévenir.

ARDAN. — Allons-y... Qu'est-ce qu'il peut bien me vouloir. Prudent ? Elle est bonne... très drôle...

Ils sortent.

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