‹ L'esprit françaisChapitre 30 sur 315 · I.A VRILLE · texte numérisé non relu

I.A VRILLE

Paul. — Je doute qu'en prononçant ces paroles, il ait obéi à un sentiment de ce genre. Tu es dans un de tes jours de pliilosophie;;^

GoTTE. — Enfin ai-je raison? Et qu'astu à répondre à cela^

Paul. — Je sais bien comment ça va finii*— — ■ -^ —

GoTTE. — Tu ne sais rien du tout.

C^Paul, ~persHasif.

■Viensj:

GoTTE, très décidée. — Certainement.

(Et l'enlaçant ioucement, il l'entraîne vers \la chambre, mais au moment d'en franchir le seuil, il entend un grand coup de sonnette.)

Paul. — Ah ! cette sonnette est aga çante comme celle d'un serpent^

GoTTE. — Va voir qui c'est.

(Il va regarder par les trous de la porte et revient tout pâle.)

Paul. — C'est un gendarme\

GoTTE. — Un gendarme? Mais c'est effrayant ce que tu me dis là.

^Paul. — OïdjUn gendarme^

GoTTE. — Comment faire? Tu ne te trompes pas ? ^

Paul. — Mais non, j'ai bien vu un uniforme.

GoTTÉ. — C'est peut-être un employé du Printemps

Paul. — Mais non, je n'ai rien acheté u^ Printemps.

GoTTE. — Un garçon de banque.

Paul. — Mais non, c'est un gendarme :

j'ai bien vu le pantalon bleu à bandes noires et la veste à boutons blancs c'est un gendarme en petite tenue.

GoTTE. — lîiT'pétîte tenue... il sera peut-être moins méchant.

C^AUL. — Peut-être^

(Coup de sonnette.)

GoTTE. — Ne bougeons pas, ne bougeons pas.

(On entend heurter une porte.)

LA VRILLE

Paui,. — Écoute donc. Voilà qu'on

frappe à la porte de service maintenant

jOTTE. — L'e n'est pas ûroie dû^toîit.

(On frappe plus fort.)

Paul. — Il faut absolument que j'aille

voir ce que c'est^_____—

GoTTE, — Paul, n'y va pas ! Je te dé-

fends d'y aller ! S'il te fait du mal, s'il te

tue?^,,

Paul. — Mais ce n'est pas un voleur, c'est un gendarme. Il le faut. . . il le faut. . .

l^ restejà

GoTTE, affolée. — Paul, n'y va pas...

je ne veux pas que tu y ailles. Si l'on t'arrête? Ah! mon Dieu, c'est horrible!

Elle s'accroche à lui.)

PauIv, se dégageant. — Mais laisse-moi,^ nia chérie, laisse-moi, c'est ridicule

Gorm^— - Alors je veux alleravec toi.

FaulT^ C'est foïïèp

GoTTE. — Mais que puis-jej

Paul. — dramatique. — Prier ! (Il disparaît. Gotte se jette à genoux, quelques secondes sepasscnt. Paul revient

Gotte. — Eh bien? Qu'était^e?

Paul. — Rien du tout : c'était pour ^^^monjivrgt, ,

Gotte. — Quel livret ?

T!^Paul. — ]\Ion livret militaire?^

Gotte. — Mais je croyais que tu

yais plus rien à faire?

PAL^v.

à faire.

On a toujours quelque chose

Gotte. — Mais qui frappait à la porte de service ?

/^ Paul. — C'était Mn^^Ravin, ma con>' ■ cierge : quand elle a vu ce gendarme, elle a été affolée, cette digne femme^^^

Gotte. — Et que serait-il arrivé, si tu n'avaisjpas donné ton livret?

^Paul. — Je serais allé en prisonT)

Gotte, bêtifiant. — En prison ! Oh !

mon pauvre rat... voyez- vous ce chien en prison, madame ! J'aurais mieux aimé mourir.

LA VRII^IvE

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