I.A VRILLE
Paul. — Je doute qu'en prononçant ces paroles, il ait obéi à un sentiment de ce genre. Tu es dans un de tes jours de pliilosophie;;^
GoTTE. — Enfin ai-je raison? Et qu'astu à répondre à cela^
Paul. — Je sais bien comment ça va finii*— — ■ -^ —
GoTTE. — Tu ne sais rien du tout.
C^Paul, ~persHasif.
■Viensj:
GoTTE, très décidée. — Certainement.
(Et l'enlaçant ioucement, il l'entraîne vers \la chambre, mais au moment d'en franchir le seuil, il entend un grand coup de sonnette.)
Paul. — Ah ! cette sonnette est aga çante comme celle d'un serpent^
GoTTE. — Va voir qui c'est.
(Il va regarder par les trous de la porte et revient tout pâle.)
Paul. — C'est un gendarme\
GoTTE. — Un gendarme? Mais c'est effrayant ce que tu me dis là.
^Paul. — OïdjUn gendarme^
GoTTE. — Comment faire? Tu ne te trompes pas ? ^
Paul. — Mais non, j'ai bien vu un uniforme.
GoTTÉ. — C'est peut-être un employé du Printemps
Paul. — Mais non, je n'ai rien acheté u^ Printemps.
GoTTE. — Un garçon de banque.
Paul. — Mais non, c'est un gendarme :
j'ai bien vu le pantalon bleu à bandes noires et la veste à boutons blancs c'est un gendarme en petite tenue.
GoTTE. — lîiT'pétîte tenue... il sera peut-être moins méchant.
C^AUL. — Peut-être^
(Coup de sonnette.)
GoTTE. — Ne bougeons pas, ne bougeons pas.
(On entend heurter une porte.)
LA VRILLE
Paui,. — Écoute donc. Voilà qu'on
frappe à la porte de service maintenant
jOTTE. — L'e n'est pas ûroie dû^toîit.
(On frappe plus fort.)
Paul. — Il faut absolument que j'aille
voir ce que c'est^_____—
GoTTE, — Paul, n'y va pas ! Je te dé-
fends d'y aller ! S'il te fait du mal, s'il te
tue?^,,
Paul. — Mais ce n'est pas un voleur, c'est un gendarme. Il le faut. . . il le faut. . .
l^ restejà
GoTTE, affolée. — Paul, n'y va pas...
je ne veux pas que tu y ailles. Si l'on t'arrête? Ah! mon Dieu, c'est horrible!
Elle s'accroche à lui.)
PauIv, se dégageant. — Mais laisse-moi,^ nia chérie, laisse-moi, c'est ridicule
Gorm^— - Alors je veux alleravec toi.
FaulT^ C'est foïïèp
GoTTE. — Mais que puis-jej
Paul. — dramatique. — Prier ! (Il disparaît. Gotte se jette à genoux, quelques secondes sepasscnt. Paul revient
Gotte. — Eh bien? Qu'était^e?
Paul. — Rien du tout : c'était pour ^^^monjivrgt, ,
Gotte. — Quel livret ?
T!^Paul. — ]\Ion livret militaire?^
Gotte. — Mais je croyais que tu
yais plus rien à faire?
PAL^v.
à faire.
On a toujours quelque chose
Gotte. — Mais qui frappait à la porte de service ?
/^ Paul. — C'était Mn^^Ravin, ma con>' ■ cierge : quand elle a vu ce gendarme, elle a été affolée, cette digne femme^^^
Gotte. — Et que serait-il arrivé, si tu n'avaisjpas donné ton livret?
^Paul. — Je serais allé en prisonT)
Gotte, bêtifiant. — En prison ! Oh !
mon pauvre rat... voyez- vous ce chien en prison, madame ! J'aurais mieux aimé mourir.
LA VRII^IvE